Chez Microsoft, la difficile équation du mode économie d’énergie

Silicon.fr par Clément Bohic

Microsoft Teams aura bientôt son « mode efficacité ».

Le déploiement de cette fonctionnalité est prévu en mai sur l’application de bureau (Windows, Mac). Activée par défaut « sur les appareils éligibles » (liste non spécifiée), elle aura deux effets principaux. D’une part, ajuster dynamiquement la résolution vidéo. De l’autre, ne pas afficher une discussion au lancement, mais une image statique. On pourra la désactiver dans les paramètres de l’application.

Dans la logithèque Microsoft, Edge embarque une fonctionnalité similaire. Initialement, elle s’appelait aussi « mode efficacité ». Elle est devenue « économiseur d’énergie ». Son principal rôle : mettre les onglets en veille après une certaine période d’inactivité (5 ou 30 minutes selon le mode d’économie choisi). Microsoft prévient toutefois : elle peut « rendre les vidéos moins fluides »… et, plus globalement, entraîner des « ralentissements visibles ».

Même constat pour l’économiseur d’énergie intégré dans Windows 10 au printemps 2021 sous le nom de « mode Eco » et devenu « mode efficacité » avec Windows 11. La différence avec celui d’Edge, c’est qu’il n’y a pas d’option pour le désactiver intégralement. Microsoft entend respecter ainsi les préférences des développeurs d’applications. Il leur donne effectivement la possibilité de définir, processus par processus, si le mode en question peut s’enclencher. Il leur faut, pour cela, signaler que ces processus peuvent s’exécuter avec une priorité basse et qu’ils peuvent exploiter le mode EcoQoS (niveau de qualité).

Un mode peu contrôlable, parfois au détriment des performances

Beaucoup d’applications qui implémentent le « mode efficacité » n’offrent pas aux utilisateurs de quoi le contrôler. Le principal moyen à disposition est le gestionnaire des tâches Windows, qui permet un réglage par application et par processus. Mais la désactivation s’avère souvent temporaire : le mode d’économie d’énergie a tendance à se réenclencher automatiquement.

Une solution consiste à ajouter l’argument –disable-features=UseEcoQoSForBackgroundProcess aux exécutables. Mais certains programmes, à l’image de Google Chrome, ne le prennent plus en charge.

Passer par le registre pour désactiver le process throttling (« mise au ralenti » des processus) est une autre option. Mais elle manque de granularité, s’étendant aussi aux processus système et coupant tout accès aux autres modes d’économie d’énergie.

L’application Process Lasso – qui a une version gratuite – est souvent citée comme un autre palliatif. Il existe aussi un script PowerShell non officiel qui effectue des contrôles réguliers en arrière-plan.

Le « mode efficacité » de Windows a parfois des comportements imprévisibles. Illustration chez un utilisateur de Power BI qui ne parvenait pas à couper la réactivation automatique… spécifiquement sur la version issue du Microsoft Store. Des utilisateurs de Teams se sont également plaints, le « mode efficacité » étant susceptible de couper les notifications, voire les appels…

Illustration générée par IA

The post Chez Microsoft, la difficile équation du mode économie d’énergie appeared first on Silicon.fr.