[Les Benchmarks de l’IT 2026] Les solutions de numérique responsable & Green IT
Deux forces réglementaires majeures accélèrent la transformation. La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), en application depuis 2025 pour les grandes entreprises françaises, impose de mesurer et de reporter les émissions de scope 3, dans lesquelles le système d’information contribue significativement (serveurs, terminaux, réseau, logiciels). La loi REEN (Réduire l’Empreinte Environnementale du Numérique) en France, adoptée en 2021 et dont les décrets d’application se précisent, impose des obligations de mesure et de réduction de l’empreinte environnementale numérique aux collectivités et grandes entreprises. En parallèle, la multiplication des datacenters liés à l’IA générative – dont la consommation énergétique par requête est 10 à 100 fois supérieure à une recherche web classique – crée une urgence spécifique pour les DSI.
Le marché mondial des logiciels de gestion de la durabilité (sustainability management software) est estimé à 5,4 milliards de dollars en 2025 avec une croissance de 22 % par an (Verdantix, 2025). Ce benchmark analyse les principales solutions disponibles sur le marché français : plateformes de bilan carbone et reporting CSRD, outils spécifiques de mesure de l’empreinte du système d’information, solutions de green cloud et référentiels d’éco-conception.
Qu’est-ce que le numérique responsable et le Green IT ?
Le numérique responsable est une démarche qui vise à réduire l’empreinte environnementale du système d’information d’une organisation tout au long du cycle de vie des équipements et des usages numériques : fabrication et renouvellement des terminaux, consommation énergétique des datacenters, infrastructure réseau, applications et services cloud. Le Green IT désigne plus spécifiquement les pratiques qui visent à rendre l’IT lui-même plus écologique – par opposition au « IT for Green », qui désigne l’usage du numérique pour réduire l’empreinte d’autres secteurs (mobilité durable, smart grid, agriculture de précision).
L’empreinte environnementale du système d’information d’une organisation se répartie sur trois niveaux correspondant aux scopes GHG Protocol. Le scope 1 couvre les émissions directes liées à l’IT : groupes électrogènes des datacenters, fluides frigorigènes des systèmes de refroidissement. Le scope 2 couvre les émissions indirectes liées à la consommation électrique de l’IT : serveurs on-premise, postes de travail, équipements réseaux – c’est le poste le plus facilement mesurable et maîtrisable. Le scope 3 couvre les émissions indirectes de la chaîne de valeur numérique : fabrication des terminaux (la plus grande source d’impact carbone du numérique, représentant souvent 70 à 80 % de l’empreinte totale selon l’ADEME), usage des services cloud, émissions des fournisseurs logiciels, transports liés au SI.
Le marché des solutions de numérique responsable se structure en France autour de cinq grandes catégories complémentaires :
Plateformes de bilan carbone et de reporting CSRD : calcul des émissions GHG scopes 1, 2 et 3 incluant le SI, reporting CSRD/ESRS, pilotage des plans de réduction – Greenly, Sweep, Salesforce Net Zero Cloud, Workiva
Outils de mesure de l’empreinte numérique spécifique IT : mesure précise de la consommation énergétique des serveurs, du cloud, des terminaux et des applications – Boavizta, EcoIndex, Datavizta, PowerAPI
Green cloud et hébergement bas carbone : choix des fournisseurs cloud et hébergeurs avec les plus faibles empreintes carbone – Scaleway, OVHcloud Green, AWS Carbon Footprint Tool, Azure Carbon Dashboard
Eco-conception logicielle : pratiques et outils visant à réduire la consommation de ressources des applications (code efficient, optimisation des requêtes, réduction des transferts réseaux) – référentiel GR491, Green Software Foundation
Gestion du cycle de vie des équipements IT (ITAM écologique) : prolongation de la durée de vie des terminaux, reconditionnement, gestion responsable des DEEE – Recommerce, Back Market Pro, gestionnaires ITAM
Un point de repère essentiel pour les DSI : la fabrication des terminaux représente 70 à 80 % de l’empreinte carbone du numérique selon l’ADEME (2025). Prolonger la durée de vie d’un ordinateur de 3 à 5 ans réduit son empreinte carbone annuelle de 40 à 50 %. Les actions sur la consommation énergétique des datacenters sont importantes mais secondaires par rapport à la gestion du parc terminal. Cette hiérarchie des impacts doit guider les priorités d’action des DSI.
Tendances et évolutions du marché en 2026
Tendance 1 – La CSRD impose la mesure de l’empreinte IT dans le scope 3
La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) est entrée en application pour les grandes entreprises françaises à partir des exercices 2025. Son standard ESRS E1 (changement climatique) impose de mesurer et de reporter les émissions de scopes 1, 2 et 3, avec une décomposition par catégorie du scope 3. Le système d’information contribue à plusieurs catégories du scope 3 : catégorie 1 (biens et services achetés – logiciels, services cloud), catégorie 2 (biens d’équipement – serveurs, terminaux, équipements réseau), catégorie 3 (énergie et activités associées), et catégorie 11 (utilisation des produits vendus – pour les éditeurs de logiciels).
La DSI est donc un contributeur majeur du reporting CSRD – et les équipes finance qui pilotent le rapport CSRD ont besoin de données précises sur l’empreinte IT. En 2025, la plupart des organisations françaises ont découvert que leurs données IT pour le CSRD étaient insuffisantes : l’inventaire des terminaux incomplet, la consommation des serveurs non mesurée, l’empreinte des services cloud inconnue. Selon Gartner (2025), seulement 18 % des grandes entreprises françaises ont une mesure fiable de l’empreinte carbone de leur SI, révélant un énorme chantier de structuration à mener.
Les contributions du système d’information au bilan CSRD scope 3 :
Catégorie 1 – Achats de services IT : services cloud (AWS, Azure, GCP), logiciels SaaS, hébergement, infogérance – nécessite de collecter les données carbone auprès des fournisseurs
Catégorie 2 – Biens d’équipement IT : serveurs, stockage, équipements réseau, terminaux achetés – l’ADEME publie des facteurs d’émission par type de matériel
Scope 2 – Électricité datacenters on-premise : consommation électrique des serveurs et équipements actifs × facteur d’émission du réseau électrique
Catégorie 11 – Usage des produits (pour les ESN/ISV) : empreinte de l’usage des logiciels et services numériques fournis par l’organisation à ses clients
Tendance 2 – L’IA générative décuple la consommation énergétique du SI
L’explosion des projets d’IA générative a introduit une dimension nouvelle dans la gestion de l’empreinte IT : la consommation énergétique des modèles d’inférence et d’entraînement est considérablement supérieure à celle des workloads IT classiques. Entraîner GPT-4 a consommé l’équivalent de la consommation électrique annuelle de plusieurs milliers de foyers. L’inférence (répondre à une requête) d’un grand modèle de langage consomme 10 à 100 fois plus d’énergie qu’une recherche web selon Goldman Sachs Research (2025). La Google Search consomme environ 0,3 Wh par requête ; ChatGPT consomme estimément 2,9 Wh par requête.
Cette réalité crée un paradoxe numérique pour les organisations : elles déploient des projets d’IA pour améliorer leur efficacité opérationnelle – notamment leur efficacité énergétique dans d’autres domaines – tout en augmentant significativement la consommation énergétique de leur SI. La DSI doit donc intégrer l’empreinte des workloads IA dans son bilan Green IT et établir des critères de sélection des cas d’usage IA qui tiennent compte du rapport valeur générée / consommation énergétique. Des initiatives comme la Green Software Foundation développent des méthodologies spécifiques pour mesurer et réduire l’empreinte des applications IA.
Les leviers de réduction de l’empreinte des workloads IA :
Choix du modèle et de sa taille : utiliser le modèle le plus petit suffisant pour le cas d’usage (GPT-4o mini vs GPT-4o, Mistral Small vs Large) – réduction de consommation de 10 à 100x
Régions cloud bas carbone : exécuter les workloads IA dans des régions cloud alimentées à forte proportion d’énergies renouvelables (Finlande, Norvège, zones nucléaires) – jusqu’à 20x moins de CO2 par kWh
Caching et batch processing : mettre en cache les réponses aux requêtes récurrentes, grouper les requêtes moins urgentes en batch nocturne – réduit le volume d’inférence de 30 à 60 %
Fine-tuning sur modèles petits : un petit modèle fine-tuné sur les données métier peut égaler les performances d’un grand modèle généraliste à consommation 10 à 50x inférieure
Optimisation des prompts : des prompts plus courts et plus précis réduisent le nombre de tokens traités – impact direct sur la consommation et le coût
Tendance 3 – L’éco-conception logicielle monte en maturité
L’éco-conception logicielle – la démarche qui intègre la réduction de l’empreinte environnementale dès la conception des applications – gagne en maturité et en structuration en France. Le Référentiel Général d’Éco-conception des Services Numériques (RGESN), publié par la mission interministérielle du Numérique (DINUM) en 2024, fournit 79 critères d’éco-conception pour les services numériques publics et privés. La Green Software Foundation – soutenue par Microsoft, Google, Accenture et ThoughtWorks – développe des méthodologies et des outils open source pour mesurer l’empreinte carbone des logiciels, dont le standard Software Carbon Intensity (SCI).
L’éco-conception agit sur plusieurs leviers. L’efficience du code – un code optimisé consomme moins de CPU et de mémoire, réduisant ainsi la consommation énergétique des serveurs. L’optimisation des requêtes de base de données – des requêtes mal optimisées peuvent consommer 100x plus que des requêtes équivalentes bien écrites. La réduction des transferts réseau – images comprimées, lazy loading, mise en cache agressif – réduit la bande passante et donc l’énergie consommée par les équipements réseau. Et la sobriété fonctionnelle – ne pas développer des fonctionnalités inutiles qui alourdissent l’application sans valeur utilisateur proportionnelle.
Les pratiques d’éco-conception logicielle à intégrer dans les équipes dev :
Mesure de la consommation énergétique des applications : outils comme PowerAPI, Scaphandre, Green Software Foundation SCI – rendre visible la consommation pour motiver la réduction
Green Code Review : intégrer des critères d’éco-conception dans les revues de code (réduction des requêtes N+1, optimisation des indexes, compression des assets)
Tests de performance comme proxy énergétique : la performance et l’efficience énergétique sont liées – les tests de charge identifient les hot spots qui sont aussi les zones les plus consommatrices
Choix des technologies : Rust et C sont 50 à 100x plus efficients que Python pour les calculs intensifs – le choix du langage a un impact énergétique significatif
Tendance 4 – Le green cloud : choisir le bon fournisseur et la bonne région
Le choix du fournisseur cloud et de la région d’hébergement a un impact carbone considérable. Le facteur d’émission du kWh varie de 1 gCO2eq/kWh en Islande (géothermie) à plus de 700 gCO2eq/kWh dans les pays dépendants du charbon. En France, le mix électrique nucléaire génère environ 55 gCO2eq/kWh – l’un des plus bas en Europe. Un même workload cloud hébergé en Pologne (électrique à 75 % charbon) émet 15 à 20 fois plus de CO2 que le même workload hébergé en France ou en Suède.
Les trois grands hyperscalers ont tous pris des engagements ambitieux sur le climat : AWS vise le net zero carbone d’ici 2040, Microsoft a annoncé vouloir être carbon negative d’ici 2030 et Google ambitionne d’alimenter 100 % de son électricité en énergie sans carbone en 2030 (24/7 carbon-free energy). Ces engagements sont intéressants mais ne signifient pas que tous les workloads dans toutes les régions sont aujourd’hui écologiques : les régions varient considérablement en termes de PUE (Power Usage Effectiveness) et de mix énergétique. Scaleway, l’acteur cloud européen, affiche un PUE de 1,3 (contre 1,5 à 1,7 en moyenne industrielle) et alimente ses datacenters français à 100 % d’énergies renouvelables – un différenciateur significatif sur le marché européen.
Les critères de sélection d’un hébergeur cloud pour le Green IT :
PUE (Power Usage Effectiveness) : ratio énergie totale datacenter / énergie IT – PUE 1.0 = parfait, 1.2 = très bon, 1.5 = moyen, 2.0+ = mauvais
Mix énergétique de la région : facteur d’émission du réseau électrique local – privilégier les régions avec mix bas carbone (France, Suède, Norvège, Finlande)
Part d’énergies renouvelables certifiées : garanties d’origine (GO) et Power Purchase Agreements (PPA) en énergie renouvelable locale – distinguer les compensations (moins vertueuses) des achats directs
Disponibilité des données d’émission par service : AWS Customer Carbon Footprint Tool, Azure Emissions Impact Dashboard, GCP Carbon Footprint – visibilité sur l’empreinte de chaque service utilisé
Refroidissement (WUE – Water Usage Effectiveness) : les datacenters refroidis à l’eau douce (ev-aporatif) ont un impact hydrique à considérer – le refroidissement adiabatique (Scaleway) est plus vertueux
Comment choisir une solution de numérique responsable
Critère 1 – L’objectif prioritaire : reporting CSRD vs. mesure IT vs. réduction
Le marché des solutions de numérique responsable est très hétérogène : les outils de bilan carbone (Greenly, Sweep) adressent l’ensemble de l’empreinte carbone de l’organisation et incluent l’IT comme un poste parmi d’autres ; les outils de mesure de l’empreinte numérique spécifique (Boavizta, EcoIndex) mesurent exclusivement les ressources IT ; les plateformes de reporting CSRD (Workiva, Salesforce Net Zero Cloud) se concentrent sur le reporting réglementaire. Avant de sélectionner un outil, il est indispensable de clarifier quel problème on cherche à résoudre.
La matrice de sélection par objectif prioritaire :
Obligation de reporting CSRD : Workiva (rapport intégré financier + durabilité), Salesforce Net Zero Cloud, Sweep – plateformes qui génèrent le rapport conforme ESRS
Mesure et réduction de l’empreinte carbone globale : Greenly (PME/ETI, accompagnement expert), Sweep (ETI/grands groupes, supply chain) – bilan complet scopes 1-2-3
Mesure spécifique de l’empreinte du SI : Boavizta, EcoIndex, Datavizta – seuls outils capables de mesurer précisément la consommation des serveurs, applications et terminaux IT
Green cloud et choix d’hébergement bas carbone : outils natifs des hyperscalers (AWS Carbon Footprint Tool, Azure Emissions Dashboard) + comparateurs de régions comme Electricity Maps
Eco-conception logicielle : RGESN (référentiel), PowerAPI/Scaphandre (mesure), Green Software Foundation SCI (standard) – approche complémentaire pour les équipes de développement
Critère 2 – La qualité et la rigueur méthodologique
La mesure de l’empreinte carbone repose sur des facteurs d’émission – des valeurs qui convertissent une quantité d’énergie ou d’activité en équivalent CO2. La qualité de ces facteurs détermine la précision du bilan. Il existe trois niveaux de rigueur : l’utilisation de facteurs d’émission génériques (ADEME Base Carbone, Ecoinvent – bon niveau de précision sectoriel), la collecte de données primaires auprès des fournisseurs (plus précis mais plus long à obtenir), et le calcul basé sur des données d’activité réelles (consommation électrique mesurée par des sous-compteurs – la méthode la plus précise mais la plus exigeante). Pour le CSRD, les commissaires aux comptes examineront la qualité méthodologique – les estimations grossières seront contestées.
Les niveaux de rigueur méthodologique et leur adéquation :
Niveau 1 – Facteurs sectoriels génériques (spend-based) : estimation depuis les dépenses financières via des facteurs d’émission sectoriels – rapide mais précision limitée (ordre de grandeur)
Niveau 2 – Facteurs spécifiques certifiés (ADEME, Ecoinvent) : facteurs adaptés au type d’équipement ou d’activité – bonne précision pour le reporting CSRD
Niveau 3 – Données d’activité réelles (metered data) : consommation électrique mesurée (sous-compteurs, smart PDU, APIs cloud) – précision maximale, exigence CSRD niveau 1 pour les postes significatifs
Niveau 4 – Données primaires fournisseurs : empreinte carbone communiquée directement par chaque fournisseur IT – le plus précis pour le scope 3, requis par CS3D pour la supply chain
Critère 3 – La capacité de pilotage et de suivi des plans de réduction
Mesurer l’empreinte est une première étape ; la réduire en est une autre. Les meilleures plateformes ne se limitent pas à produire un bilan carbone à un instant T, mais permettent de suivre l’évolution dans le temps, de définir des trajectoires de réduction alignées sur les référentiels (SBTi, SBTN, Accord de Paris) et de simuler l’impact des actions envisagées avant de les implémenter. Le Science Based Targets initiative (SBTi) est devenu le cadre de référence pour définir des objectifs de réduction alignés sur une trajectoire 1.5°C – plus de 7 000 entreprises l’ont adopté dans le monde. La capacité des plateformes à accompagner la validation SBTi est un critère différenciant.
Les fonctionnalités de pilotage de la réduction à évaluer :
Simulation de trajectoires de réduction : impact simulé de chaque action envisagée (migration cloud, renouvellement parc, énergie renouvelable) sur le bilan global – hiérarchisation des priorités
Suivi des engagements SBTi : comparaison de la trajectoire réelle avec la trajectoire SBTi validée – alertes en cas de déviation
Plan de réduction par poste : feuille de route granulaire par source d’émission avec responsable, échéance et impact estiimé – pilotage opérationnel de la transformation
Benchmarking sectoriel : comparaison de l’intensité carbone avec les pairs du secteur – contextualise les efforts et identifie les domaines de sur-performance ou de retard
Critère 4 – L’intégration avec les systèmes IT existants
La mesure automatique de l’empreinte IT nécessite l’accès à des données disperses dans de nombreux systèmes : la comptabilité (pour les dépenses IT), l’ITAM (pour l’inventaire des équipements), les dashboards cloud (AWS, Azure, GCP), les outils de monitoring serveurs et les systèmes de gestion de l’énergie du bâtiment. La richesse des connecteurs d’une plateforme de bilan carbone IT détermine directement sa capacité à automatiser la collecte et à éviter les saisies manuelles chronophages. Les outils qui nécessitent des tableurs Excel pour la saisie des données seront toujours en retard et moins fiables.
Les intégrations clés pour la mesure automatique de l’empreinte IT :
APIs des hyperscalers cloud (AWS, Azure, GCP) : accès aux données de consommation et d’émissions par service, par région et par compte
ITAM (Flexera, ServiceNow CMDB) : inventaire des équipements avec type, âge, modèle – alimenté avec les facteurs d’émission par type de matériel
ERP et comptabilité (SAP, Dynamics, Cegid) : données de dépenses IT par fournisseur – pour la méthode spend-based du scope 3
Outils de monitoring IT (Dynatrace, Datadog) : consommation CPU/mémoire des serveurs et applications – proxy de la consommation énergétique
Smart PDU et systèmes de gestion de l’énergie : mesure directe de la consommation électrique des serveurs et racks – données d’activité réelles pour le scope 2
Critère 5 – L’accompagnement expert et la conformité réglementaire
La mesure de l’empreinte carbone est un domaine qui nécessite une expertise méthodologique que toutes les organisations ne possèdent pas en interne. Les meilleurs acteurs combinent un outil SaaS puissant avec un accompagnement expert qui guide les équipes dans le choix des périmètres, la sélection des facteurs d’émission appropriés, la validation des calculs par des experts certifiés et l’interprétation des résultats. La conformité avec les méthodologies reconnues – GHG Protocol (standard mondial), Bilan Carbone ADEME (standard français), ISO 14064 (norme internationale de quantification des GHG) – est indispensable pour la crédibilité du reporting CSRD et pour la validation SBTi.
Les certifications et standards méthodologiques à exiger :
GHG Protocol : standard mondial de référence pour la comptabilité carbone, reconnu par CSRD/ESRS et SBTi – toute plateforme sérieuse doit être conforme
ADEME Base Carbone : base de données de référence française des facteurs d’émission – les plateformes françaises et reconnues en France doivent s’y conformer
ISO 14064 : norme internationale de quantification et de rapport des GHG – requis pour les bilans vérifiables par des organismes tiers indépendants (OTI)
Compatibilité CSRD/ESRS : la plateforme produit-elle un rapport conforme aux standards ESRS E1 et génère-t-elle le balisage iXBRL requis pour la publication officielle ?
Les principaux acteurs du marché
Le marché du numérique responsable en France se structure en 2026 autour de quatre familles : les plateformes de bilan carbone et reporting CSRD (Greenly, Sweep, Salesforce Net Zero Cloud, Workiva), les spécialistes conseil et plateforme (EcoAct/Schneider), les outils spécifiques mesure de l’empreinte IT (Boavizta/EcoIndex – open source) et les hébergeurs et clouds verts (Scaleway, outils natifs AWS/Azure/GCP). Les huit acteurs analysés sont tous actifs sur le marché français.
Les acteurs analysés dans ce benchmark :
Greenly – Bilan carbone entreprise et IT, 60+ experts climat, SBTi, acteur français
Sweep – Plateforme ESG & carbon management, leader IDC MarketScape, acteur français
Salesforce Net Zero Cloud – Plateforme ESG enterprise, CSRD et carbon Salesforce
Workiva – Reporting ESG et financier unifié, iXBRL CSRD certifié
EcoAct (Schneider Electric) – Conseil + plateforme carbon management, SBTi
Boavizta / EcoIndex – Mesure empreinte numérique IT spécifique, open source ADEME
Scaleway – Cloud européen 100 % énergies renouvelables, Green IT natif
Outils natifs hyperscalers (AWS/Azure/GCP) – Carbon tracking gratuit intégré
Greenly
Référence française du bilan carbone entreprise – 60+ experts climat intégrés, bilan IT scope 3, accompagnement SBTi, 2 000+ clients en 50 pays
Greenly est une entreprise française fondée à Paris en 2019, devenue en quelques années la référence du bilan carbone pour les PME, ETI et grands groupes français. Avec plus de 2 000 clients dans 50 pays et une équipe de plus de 60 experts en climat certifiés intégrée dans ses équipes (un record unique parmi les éditeurs de logiciels), Greenly propose une approche qui combine la puissance d’une plateforme SaaS avec un accompagnement humain expert tout au long du programme. Sa plateforme automatise la collecte des données depuis les sources existantes (outils comptables, factures énergétiques, APIs cloud, transporteurs) et produit un bilan conforme au GHG Protocol, à la méthode Bilan Carbone ADEME et aux exigences de la CSRD/ESRS E1.
Pour les DSI et RSSI, Greenly propose un module spécifique de bilan carbone du système d’information qui mesure les émissions liées aux équipements IT (postes de travail, serveurs, réseau), aux services cloud (AWS, Azure, GCP via APIs) et aux logiciels SaaS via les données de dépenses. Ce module est particulièrement utile pour les organisations qui doivent inclure l’empreinte IT dans leur bilan CSRD mais n’ont pas d’outil dédié. L’accompagnement des experts Greenly guide les équipes IT dans la sélection des facteurs d’émission les plus pertinents et la construction du plan de réduction IT (migration cloud, allongement de la durée de vie du parc, optimisation des workloads).
Fonctionnalités principales :
Bilan carbone automatisé scopes 1-2-3 : collecte automatisée depuis les outils comptables, APIs énergie, APIs cloud, factures – calcul conforme GHG Protocol et ADEME
Module bilan carbone SI : mesure spécifique de l’empreinte IT (terminaux, serveurs, cloud, SaaS) – contribue au scope 3 cat. 1 et 2 du bilan CSRD de l’organisation
Conformité CSRD/ESRS E1 : génération du rapport conforme ESRS, intégration des données dans les outils de reporting CSRD (Workiva, Greenomy)
Accompagnement SBTi : les experts Greenly guident la construction d’objectifs de réduction alignés Science Based Targets et accompagnent le processus de validation SBTi
Plan de réduction priorisé : identification des top 5 postes d’émission, simulation de l’impact des actions, feuille de route avec échéances et responsables – pilotage opérationnel
Tableau de bord temps réel : suivi de l’évolution des émissions dans le temps, comparaison avec les années précédentes, alertes sur les déviations par rapport à la trajectoire
Greenly est adopté par des organisations de toutes tailles en France, de la startup à la multinationale. Maisons du Monde, Vinted, Sezane, Decathlon et Qonto figurent parmi ses références françaises. Sa force est particulièrement reconnue pour les organisations qui souhaitent aller au-delà du bilan réglementaire pour construire une stratégie climatique crédible avec des objectifs SBTi validés.
Sweep
Plateforme ESG et carbon management leader européen – CSRD natif, collecte données fournisseurs VSME, portail supply chain, IA détection incohérences, acteur français
Sweep est une entreprise française fondée à Paris en 2020 et désignée leader européen dans l’IDC MarketScape pour les solutions ESG enterprise en 2024. Sa plateforme couvre un périmètre plus large que Greenly : au-delà du bilan carbone, Sweep propose une suite ESG complète couvrant le reporting CSRD (tous les standards ESRS, dont E1 climat), le pilotage des engagements durabilité, et la gestion de la chaîne de valeur – collecte des données carbone auprès des fournisseurs via un portail structuré conforme au standard VSME adopté en juillet 2025. Sa cible prioritaire est les ETI et grandes entreprises soumises aux premières vagues CSRD ou souhaitant se préparer à l’obligation.
Le différenciant clé de Sweep est son moteur d’IA qui automatise la collecte des données ESG depuis de multiples sources hétérogènes, détecte les incohérences dans les données soumises (valeurs atypiques, données manquantes, erreurs de calcul) et génère des rapports conformes aux principales normes réglementaires. Son portail fournisseurs permet de collecter les données d’émissions de scope 3 directement auprès des fournisseurs avec une interface guidée adaptée aux PME – ce qui est critique pour les organisations qui doivent reporter le scope 3 catégorie 1 (achats de biens et services) dans leur CSRD. Parmi les références françaises de Sweep figurent Carrefour, Pernod Ricard et Renault pour leurs programmes de décarbonation de la supply chain.
Fonctionnalités principales :
Carbon accounting scopes 1-2-3 : calcul automatisé des émissions GHG complets, conformes GHG Protocol, ADEME Base Carbone et ESRS E1
Reporting CSRD/ESRS natif : génération des rapports CSRD conformes à l’ensemble des ESRS (E1 à E5, S1 à S4, G1) – piste d’audit pour les OTI (organismes tiers indépendants)
Portail fournisseurs VSME : collecte des données d’émissions scope 3 auprès des fournisseurs via un portail guidé conforme au standard VSME – scope 3 cat. 1 pour la CSRD
IA détection d’incohérences : détection automatisée des anomalies dans les données collectées – alertes avant soumission du rapport pour garantir la qualité des données
Pilotage des engagements durabilité : suivi des objectifs de réduction, trajectoires SBTi, KPIs ESG par domaine – tableau de bord de pilotage du programme durabilité
Intégrations ERP et sources de données : connexion aux systèmes comptables (SAP, Oracle, Cegid), factures énergétiques, APIs cloud, fournisseurs de données carbone
Sweep est adopté par des organisations françaises et européennes soumises aux premières obligations CSRD, avec une forte présence dans les secteurs retail, agroalimentaire, industrie et services. Son positionnement français (bureau à Paris, équipes francophones) et son expertise sur les obligations réglementaires françaises et européennes en font un acteur de référence pour les DSG et DRSEs qui construisent leur programme CSRD.
Salesforce Net Zero Cloud
Plateforme ESG enterprise native Salesforce – carbon accounting, CSRD, SBTi, reporting dans l’écosystème Salesforce, accès à 150 000+ clients potentiels
Salesforce Net Zero Cloud est la plateforme de gestion de l’empreinte carbone et du reporting ESG de Salesforce, lancée en 2021 et profondément enrichie en 2023-2025. Sa proposition de valeur est la séamlessness avec l’écosystème Salesforce : pour les organisations déjà équipées de Salesforce (Sales Cloud, Service Cloud, Sustainability Cloud), Net Zero Cloud s’intègre nativement dans la même plateforme, utilisant le même modèle de données, les mêmes workflows et les mêmes capacités d’automatisation. L’accès à la base de 150 000 clients Salesforce dans le monde en fait un vecteur de diffusion considérable pour les pratiques de reporting carbone.
Net Zero Cloud couvre l’ensemble du cycle de gestion carbone : collecte et agrégation des données d’émissions depuis les systèmes opérationnels, calcul des scopes 1, 2 et 3, fixation d’objectifs de réduction, suivi des plans d’action et génération de rapports conformes aux standards CSRD, GHG Protocol et Science Based Targets. En 2025, Salesforce a enrichi Net Zero Cloud avec des capacités IA génératives (via Einstein AI et Agentforce) qui automatisent la collecte des données d’émissions des fournisseurs et génèrent des narratifs de rapport CSRD. La Data Cloud de Salesforce permet d’agréger automatiquement les données d’émissions depuis toutes les applications Salesforce de l’organisation.
Fonctionnalités principales :
Carbon accounting scopes 1-2-3 : calcul des émissions GHG depuis les données opérationnelles Salesforce et les systèmes externes – facteurs d’émission certifiés GHG Protocol
Supplier Engagement (scope 3) : plateforme de collecte des données d’émissions auprès des fournisseurs via portail – intégration native Experience Cloud pour le portail fournisseur
Cibles SBTi et objectifs de réduction : définition et suivi d’objectifs alignés SBTi avec simulation de trajectoires – tableaux de bord de progression en temps réel
CSRD Reporting natif : génération de rapports CSRD conformes ESRS, intégration avec Workiva pour le balisage iXBRL – Salesforce est officiellement partenaire Workiva
Audit Trail et traçabilité : piste d’audit complète des données d’émissions pour les OTI – répondre aux exigences de vérification CSRD par les commissaires aux comptes
Intégration Salesforce Data Cloud : agrégation des données d’émissions depuis toutes les applications Salesforce – vision unifiée sans intégration supplémentaire
Salesforce Net Zero Cloud est adopté par les grandes organisations déjà clientes Salesforce qui souhaitent centraliser leur gestion ESG dans l’écosystème existant. Parmi ses références mondiales figurent Accenture, Unilever et Johnson & Johnson. En France, les grandes organisations équipées Salesforce dans les secteurs services, retail, industrie et services financiers constituent sa cible naturelle.
Workiva
Reporting ESG et financier unifié dans une seule plateforme – iXBRL ESEF certifié CSRD, piste d’audit OTI native, génération narratifs IA, référence grands groupes cotés
Workiva est une entreprise américaine fondée en 2008, cotée en Bourse depuis 2014, et devenue la référence mondiale du reporting financier et de durabilité unifié pour les grands groupes cotés. Sa proposition de valeur fondamentale est unique sur le marché : Workiva est la seule plateforme qui intègre nativement le rapport financier et le rapport de durabilité dans une interface unifiée – permettant de gérer les données, les narratifs et les tableaux des deux rapports avec une cohérence totale, une piste d’audit commune et un balisage iXBRL/ESEF certifié pour la publication au registre officiel européen. Pour les grands groupes cotés soumis à la CSRD, Workiva est devenu le logiciel de référence.
Workiva se distingue par sa fonctionnalité de vue auditeur OTI native : les commissaires aux comptes et OTI (organismes tiers indépendants) qui réalisent l’assurance CSRD peuvent accéder directement à l’interface Workiva pour naviguer dans les données, vérifier les sources et valider les calculs sans intermédiaire – réduisant considérablement le coût et la durée des missions d’assurance. En 2025, Workiva a intégré des capacités d’IA générative qui assistent la rédaction des sections narratives qualitatives du rapport CSRD (politiques, actions, métriques) et détectent les incohérences entre les données chiffrées et les narratifs.
Fonctionnalités principales :
Rapport CSRD/ESRS complet : templates ESRS préconfigurés E1 à E5, S1 à S4, G1, double matérialité, collecte décentralisée avec workflows de validation multi-niveaux
Rapport financier + durabilité unifié : interface unique pour les deux rapports, cohérence totale, piste d’audit commune – le seul outil sur le marché combinant les deux
iXBRL ESEF certifié : balisage iXBRL automatisé pour la publication au registre officiel européen (BALO) – conformité immédiate sans développement supplémentaire
Vue auditeur OTI native : accès direct des OTI et commissaires aux comptes aux données sources – réduit le coût de l’assurance CSRD de 40 à 60 % selon les clients
IA générative narratifs : assistance à la rédaction des sections qualitatives CSRD, détection des incohérences entre données chiffrées et narratifs – garantit la cohérence interne du rapport
Collecte décentralisée multi-entités : plateforme collaborative permettant à des centaines de contributeurs de saisir les données avec workflows de validation et contrôle de version
Workiva est adopté par les grands groupes cotés français soumis aux premières vagues CSRD. TotalEnergies, BNP Paribas et Michelin figurent parmi ses références européennes. La société dispose d’équipes européennes dédiées à la CSRD et s’appuie sur des partenaires audit incluant PwC, Deloitte et KPMG qui rec-ommandent Workiva à leurs clients grands groupes pour le reporting de durabilité.
EcoAct (Schneider Electric)
Spécialiste conseil et plateforme carbon management, filiale Schneider Electric – expertise net zero, validation SBTi, transition énergétique IT, grands groupes mondiaux
EcoAct est une entreprise française fondée en 2007, devenue filiale de Schneider Electric en 2020 et l’une des références mondiales du conseil en décarbonation et en transition énergétique. Sa proposition de valeur est la plus complète du marché : EcoAct combine une expertise conseil d’élite (300+ consultants experts clima-t) avec une plateforme digitale de carbon management (Écoligo) permettant de mesurer, gérer et communiquer sur l’empreinte carbone. Sa particularité est d’être valideé par le Science Based Targets initiative (SBTi) comme partenaire officiel pour accompagner la définition et la validation des objectifs de réduction alignés 1.5°C.
Pour les DSI et RSSI, EcoAct est particulièrement pertinent pour les organisations qui souhaitent aller au-delà de la mesure pour construire une stratégie net zero IT crédible : migration vers des solutions cloud é faible empreinte, définition d’une politique d’allongement de la durée de vie des terminaux, mise en place d’un programme de mesure continue de l’empreinte IT et élaboration d’une feuille de route de réduction par poste. L’appartenance au groupe Schneider Electric – le leader mondial de l’efficacité énergétique et de la gestion de l’énergie dans les datacenters – offre un accès privilégié aux solutions de gestion de l’énergie IT (UPS, smart PDU, datacenter management) qui permettent une mesure très précise de la consommation.
Fonctionnalités principales :
Bilan GHG complet et certifiable (ISO 14064) : bilan carbone tous scopes conforme ISO 14064, vérifiable par OTI – niveau de rigueur maximal pour les grands groupes internationaux
Trajectoire net zero et validation SBTi : définition de trajectoires de réduction alignées 1.5°C, accompagnement du processus de validation SBTi – EcoAct est partenaire officiel SBTi
Plateforme Écoligo (carbon management) : outil SaaS de suivi de l’empreinte carbone, des KPIs durabilité et des plans d’action – complément digital de l’accompagnement conseil
Conseil en stratégie climatique IT : audit de l’empreinte IT, définition de la feuille de route de réduction, accompagnement des migrations vers le green cloud – expertise unique Schneider Electric
Transition énergétique datacenters : conseil sur l’efficacité énergétique des datacenters on-premise (Schneider Electric EcoStruxure), monitoring de la consommation, optimisation PUE
Reporting CSRD et communication externe : génération des données conformes CSRD/ESRS, assistance à la rédaction des sections E1, accompagnement Green Claims Directive
EcoAct s’adresse aux grands groupes avec des ambitions net zero avancées et des budgets projet significatifs. Ses références incluent des entreprises du CAC 40 et SBF 120 dans les secteurs énergie, industrie, services et finance. Son appartenance à Schneider Electric lui confère une crédibilité unique sur les sujets d’efficacité énergétique IT et de management des datacenters.
Boavizta / EcoIndex
Outils open source de mesure spécifique de l’empreinte numérique IT – Boavizta (serveurs et cloud), EcoIndex (sites web), soutenus par l’ADEME, gratuits et méthodologiquement rigoureux
Boavizta et EcoIndex sont deux projets open source français qui adressent un besoin spécifique non couvert par les plateformes de bilan carbone généralistes : la mesure précise de l’empreinte environnementale des systèmes numériques eux-mêmes – serveurs, cloud, applications et sites web. Ces outils ont été développés dans le cadre de la mission INR (Institut du Numérique Responsable) avec le soutien de l’ADEME et de la DINUM, et sont adoptés comme références méthodologiques par de nombreuses organisations publiques et privées françaises.
Boavizta est un moteur d’évaluation de l’impact environnemental des équipements et services numériques : il calcule l’empreinte carbone de serveurs, de cloud et de postes de travail en tenant compte à la fois de la fabrication (impacts amont) et de l’utilisation (énergie consommée). Sa base de données des facteurs d’émission matériels, construite collaborativement avec les fabricants et l’ADEME, est la référence française pour la mesure de l’empreinte des équipements IT. EcoIndex mesure l’impact environnemental des pages web et des applications web – en analysant la complexité du DOM, la taille des ressources chargées et le nombre de requêtes, il calcule un score écologique et l’équivalent CO2 de chaque visite de page. Ces deux outils sont gratuits, open source et directement utilisables par les équipes techniques.
Fonctionnalités principales de l’écosystème Boavizta/EcoIndex :
Boavizta API (empreinte serveurs) : calcul de l’empreinte carbone des serveurs (fabrication + utilisation) depuis les spécifications techniques – API REST intégrable dans les outils ITAM et les plateformes de gouvernance IT
Cloud-Scanner Boavizta (empreinte cloud) : scan des instances cloud AWS, Azure et GCP et calcul de l’empreinte carbone par instance – idéal pour alimenter le scope 3 cat. 1 du bilan CSRD
EcoIndex (performance écologique web) : score de 0 à 100 de la performance écologique des pages web et applis – intégrable dans les pipelines CI/CD comme check d’éco-conception
Datavizta (données matérielles) : base de données collaborative des facteurs d’émission des équipements numériques – contribuée par les fabricants et maintenue par la communauté
Intégration pipeline CI/CD : EcoIndex peut s’exécuter automatiquement dans les pipelines GitHub Actions, GitLab CI – éco-conception intégrée dans le processus de développement
Conformité RGESN et Green Software Foundation : méthodologies alignées avec le Référentiel Général d’Éco-conception des Services Numériques (RGESN) de la DINUM
Boavizta et EcoIndex sont adoptés par des organisations françaises de tous secteurs, notamment les administrations publiques soumises à la loi REEN, les équipes tech soucieuses d’éco-conception et les DSI qui souhaitent mesurer précisément leur empreinte IT pour l’intégrer dans leur bilan CSRD. Leur caractère open source et gratuit les rend accessibles à toutes les tailles d’organisations, sans contrainte budgétaire.
Scaleway
Cloud européen 100 % énergies renouvelables et refroidissement frugal – PUE 1,3, métriques CO2 par workload en temps réel, référence Green IT du marché cloud européen
Scaleway, filiale du groupe Iliad (Free), est le cloud européen qui a fait du Green IT un axe stratégique fondateur. Sa philosophie est celle de la frugalité numérique – faire plus avec moins, optimiser chaque watt consommé, éviter le gaspillage de ressources. Ses datacenters français fonctionnent à 100 % d’énergies renouvelables (certifiées par des garanties d’origine), avec un système de refroidissement adiabatique qui utilise l’air extérieur sans climatisation électrique et sans consommation d’eau douce – contrairement aux systèmes de refroidissement évaporatif des datacenters traditionnels. Son PUE (Power Usage Effectiveness) de 1,3 est parmi les meilleurs d’Europe et largement inférieur à la moyenne industrielle de 1,6.
Scaleway a été pionnier dans la mise à disposition de métriques d’impact carbone par workload en temps réel : chaque instance Scaleway est accompagnée d’une estimation de sa consommation énergétique et de son équivalent CO2, permettant aux organisations de mesurer précisément l’empreinte de leurs déploiements cloud. Cette transparence est un atout considérable pour les organisations qui doivent documenter leur scope 3 cloud dans le cadre CSRD. Scaleway met également en avant la durabilité de son infrastructure : ses serveurs bare metal sont maintenus en service plus longtemps que la moyenne industrielle (5 à 7 ans vs 3 à 4 ans), réduisant l’empreinte liée à la fabrication.
Fonctionnalités Green IT principales :
100 % énergies renouvelables certifiées : garanties d’origine (GO) sur l’ensemble de l’électricité consommée par les datacenters Scaleway en France – émissions scope 2 quasi nulles
PUE 1,3 (refroidissement adiabatique) : refroidissement par air extérieur sans climatisation électrique ni consommation d’eau douce – parmi les meilleurs PUE d’Europe
Métriques CO2 par workload en temps réel : estimation de la consommation énergétique et de l’équivalent CO2 par instance – alimentation automatisée du scope 3 cloud du bilan CSRD
Infrastructure frugale (durée de vie étendue) : serveurs bare metal conservés 5 à 7 ans (vs 3-4 ans en moyenne) – réduit l’empreinte de fabrication par unité de service rendu
Région France (souveraineté + Green IT) : datacenters à Paris, Amsterdam et Varsovie – mix électrique français bas carbone (55 gCO2eq/kWh nucléaire) compense les postes carbone résiduels
GPU IA écologiques : accès aux GPU NVIDIA H100 et L4 pour l’IA sur infrastructure verte française – seule option souveraine ET écologique pour les workloads IA en France
Scaleway est le cloud de choix pour les organisations françaises qui font du Green IT une priorité stratégique ou qui sont soumises à des exigences CSRD sur l’empreinte de leurs services cloud. Sa base de clients inclut des startups French Tech, des organisations engagées Green IT, des entreprises CSRD et des organisations cherchant à combiner souveraineté et frugalité numérique. La certification HDS permet également son usage dans le secteur santé.
Outils natifs hyperscalers (AWS / Azure / GCP)
Carbon Footprint Tools intégrés et gratuits des hyperscalers – visibilité sur l’empreinte cloud, recommandations de régions vertes, point de départ Green IT cloud obligatoire
Les trois grands hyperscalers proposent chacun des outils natifs et gratuits pour mesurer et optimiser l’empreinte carbone des services cloud utilisés. AWS Customer Carbon Footprint Tool (disponible dans la console AWS) fournit une estimation mensuelle des émissions associées aux services AWS utilisés, décomposable par service, par région et par compte. Microsoft Azure Emissions Impact Dashboard offre une visibilité similaire sur l’empreinte Azure, avec une décomposition par service, souscription et région, et des recommandations de migration vers des régions avec un mix énergétique plus favorable. Google Cloud Carbon Footprint est le plus avancé méthodologiquement, avec une ventilation par scope (1, 2 et 3) et des données d’émissions brutes (vs compensations).
Ces outils natifs sont le point de départ incontournable de toute démarche Green IT cloud : gratuits, intégrés et toujours à jour, ils permettent d’obtenir rapidement une première estimation de l’empreinte cloud sans investissement supplémentaire. Leurs limites apparaissent pour les usages avancés : absence de vue consolidée multicloud, méthodologies parfois peu transparentes sur les hypothèses de calcul et manque de granularité par workload applicatif (difficile de savoir quelle application spécifique contribue le plus). Les organisations souhaitant une vue multicloud consolidée et une intégration automatique dans leur bilan CSRD devront compléter avec des outils tiers comme Greenly, Sweep ou EcoAct.
Fonctionnalités des outils natifs des hyperscalers :
AWS Customer Carbon Footprint Tool : estimation mensuelle des émissions scope 1-2-3 par service et région AWS – gratuit, mis à jour mensuellement, export CSV
Azure Emissions Impact Dashboard : empreinte carbone Azure par service, souscription et région – recommandations de migration vers régions bas carbone, intégration Power BI
Google Cloud Carbon Footprint : empreinte carbone GCP par projet et service, ventilée scopes 1-2-3 – la plus avancée méthodologiquement des trois hyperscalers
Electricity Maps (outil tiers complémentaire) : carte mondiale du facteur d’émission du réseau électrique par région en temps réel – utilisé pour choisir la région cloud la plus verte à un instant donné
Engagements net zero des hyperscalers : AWS (net zero 2040), Microsoft (carbon negative 2030, removal 2050), Google (24/7 carbon-free 2030) – à évaluer avec discernement sur la qualité des compensations vs réductions réelles
Ces outils natifs sont utilisés par l’ensemble des organisations présentes sur les hyperscalers. Ils constituent le minimum viable de toute démarche Green IT cloud et alimentent directement le poste « cloud public » du scope 3 du bilan CSRD. Les organisations les plus avancées les utilisent comme sources de données pour des plateformes de bilan carbone plus sophistiquées (Greenly, Sweep, Salesforce Net Zero Cloud).
Tableau comparatif des solutions
Synthèse comparative des principales solutions de numérique responsable et Green IT actives sur le marché français en 2026.
Solution Positionnement Idéal pour Périmètre couvert IA & automatisation Différenciateur clé
Greenly Bilan carbone entreprise + IT, accompagnement expert SBTi PME, ETI, grands groupes Scopes 1-2-3 (dont IT), plans de réduction, SBTi IA estimation facteurs d’émission, collecte automatisée Experts climat intégrés, spécialisation IT scope 3, acteur français
Sweep
Plateforme ESG & carbon management, leader européen IDC
ETI et grands groupes, CSRD Scopes 1-2-3, collecte fournisseurs, reporting CSRD IA collecte automatisée, détection incohérences Leader européen ESG, portail fournisseurs, acteur français
Salesforce Net Zero Cloud Plateforme ESG enterprise intégrée Salesforce Grandes entreprises Salesforce Scopes 1-2-3, carbon accounting, CSRD IA agrégation données, benchmarking Intégration native Salesforce, base clients massive
Workiva Reporting ESG et financier unifié, iXBRL CSRD certifie Grands groupes cotés CSRD/ESRS, reporting financier et durabilité IA rédaction, détection incohérences Unification finance + ESG, iXBRL certifié
EcoAct (Schneider Electric) Conseil + plateforme carbon management SBTi référence Grands groupes avec ambitions net zero avancées Bilan GHG, trajectoires net zero, SBTi IA simulation trajectoires, stress test TCFD Expertise conseil + outil, adossé à Schneider
Boavizta / EcoIndex Mesure empreinte numérique IT, open source DSI, équipes techniques Empreinte SI (serveurs, cloud, terminaux, code) IA estimation consommation Référence open source ADEME, spécialisation IT
Scaleway (Green Cloud) Cloud européen bas carbone Organisations green IT Hébergement bas carbone, métriques CO2 Mesure CO2 en temps réel 100% ENR, PUE performant, approche frugale
AWS / Azure / GCP (Green Tools) Outils carbone natifs hyperscalers Organisations cloud Carbon footprint, régions bas carbone ML estimation consommation Gratuits, intégrés, couverture mondiale
FAQ
Quelle est la différence entre Green IT et IT for Green ?
Le Green IT désigne les pratiques qui visent à rendre l’IT lui-même plus écologique : réduire la consommation énergétique des serveurs, prolonger la durée de vie des terminaux, migrer vers des hébergeurs verts, éco-concevoir les applications. L’IT for Green désigne l’usage du numérique comme levier de décarbonation d’autres secteurs : systèmes de gestion d’énergie intelligents (smart grid), optimisation des routes logistiques par IA, agriculture de précision, télétravail réduisant les déplacements. Les deux sont complémentaires et la DSI est impliquée dans les deux, mais le Green IT (réduire l’empreinte du SI lui-même) est la responsabilité directe de la direction informatique.
Pourquoi la fabrication des terminaux est-elle le poste le plus important de l’empreinte IT ?
La fabrication d’un ordinateur portable nécessite l’extraction de dizaines de matériaux rares (indium, gallium, cobalt, terres rares), des processus industriels très énergétiques et des chaînes d’approvisionnement mondiales. Cette empreinte de fabrication (scope 3 amont) représente selon l’ADEME entre 70 et 80 % de l’empreinte carbone totale d’un équipement sur l’ensemble de son cycle de vie. Un ordinateur utilisé pendant 4 ans au lieu de 3 voit son empreinte carbone annuelle réduite de 25 % uniquement par cet allongement de durée de vie. C’est pourquoi les politiques de renouvellement du parc informatique – fréquence de remplacement, choix des reconditionnements, déploiement d’équipements reconditionnés – sont les leviers les plus impactants du Green IT.
Qu’est-ce que le PUE d’un datacenter et comment l’évaluer ?
Le PUE (Power Usage Effectiveness) est le ratio entre l’énergie totale consommée par le datacenter et l’énergie effectivement consommée par les équipements informatiques. Un PUE de 1.0 signifierait que toute l’énergie va aux équipements IT (impossible en pratique). Un PUE de 1.2 est excellent, 1.4 est bon, 1.6 est la moyenne industrielle mondiale et au-dessus de 2.0 est mauvais. Le surplus par rapport à 1.0 est principalement consommé par la climatisation, l’alimentation électrique (redresseurs, UPS) et l’éclairage. Pour évaluer un hébergeur, exiger le PUE moyen annuel certifié par un tiers indépendant (certains hébergeurs exagèrent leur PUE en le calculant en conditions optimales plutôt qu’en conditions réelles).
L’IA générative est-elle compatible avec une stratégie Green IT ?
Oui, avec des conditions. L’IA générative a une empreinte énergétique élevée – l’entraînement des grands modèles équivaut à la consommation énergétique de milliers de foyers, et chaque requête d’inférence consomme 10 à 100 fois plus qu’une requête web classique. Mais des leviers permettent de concilier IA et Green IT : utiliser le modèle le plus petit adapté au cas d’usage, héberger dans des régions bas carbone, mettre en cache les réponses récurrentes et mesurer le ROI énergétique de chaque projet IA (valeur générée / énergie consommée). L’IA utilisée pour optimiser l’énergie dans d’autres domaines peut générer des réductions d’émissions supérieures à sa propre consommation.
Comment intégrer l’empreinte du SI dans le reporting CSRD ?
L’empreinte du SI contribue principalement au scope 3 catégorie 1 (achats de services cloud et logiciels SaaS) et à la catégorie 2 (biens d’équipement achetés – serveurs et terminaux), ainsi qu’au scope 2 (consommation électrique des serveurs on-premise). La méthode recommandée est : 1/ inventorier tous les équipements IT avec leurs caractéristiques, 2/ collecter les consommations électriques mesurées (ou estimées via Boavizta), 3/ récupérer les données d’émissions des fournisseurs cloud (AWS Carbon Footprint Tool, Azure Dashboard), 4/ utiliser les facteurs d’émission ADEME Base Carbone pour les équipements physiques. Les outils comme Greenly, Sweep ou EcoAct automatisent largement cette collecte.
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