[Les Benchmarks de l’IT 2026] Les plateformes cloud (hybride, multicloud, souverain)

Silicon.fr par Les Benchmarks de l'IT

Le marché mondial du cloud infrastructure est estimé à 840 milliards de dollars en 2025 et devrait dépasser 1 600 milliards d’ici 2030, avec une croissance annuelle de 17 % (Gartner, 2025). En France, les dépenses cloud ont atteint 21,4 milliards d’euros en 2025, soit une croissance de 19 % (IDC France, 2025). Mais cette croissance s’accompagne d’une complexité accrue : selon le Baromètre Cloud du CIGREF (2025), 91 % des grandes entreprises françaises utilisent au moins deux fournisseurs cloud, et 67 % en utilisent trois ou plus. La gestion de cet environnement distribué – avec ses enjeux de gouvernance, de sécurité, de coûts et de souveraineté – mobilise des ressources considérables.

En parallèle, la question de la souveraineté des données s’est considérablement intensifiée sous l’effet conjoint du Cloud Act américain, de l’arrêt Schrems II de la CJUE et des obligations découlant de NIS2 pour les OIV. Ces réalités poussent de nombreuses organisations françaises à structurer des stratégies cloud hybrides qui combinent les hyperscalers américains pour les workloads standards et des offres souveraines européennes pour les données sensibles. Ce benchmark analyse les principales plateformes cloud disponibles sur le marché français, leurs positionnements et les critères de sélection adaptés aux différents profils d’organisation.

Qu’est-ce qu’une stratégie cloud hybride et multicloud ?

Une stratégie cloud désigne l’ensemble des décisions concernant le type d’infrastructure utilisée pour héberger les applications et les données d’une organisation : cloud public, cloud privé, on-premise, ou une combinaison de ces modèles. Les termes hybride et multicloud décrivent deux dimensions complémentaires de cette stratégie.

Le cloud hybride désigne une architecture qui combine au moins un cloud public et une infrastructure privée (on-premise ou cloud privé), connectés de manière à permettre le transfert de données et d’applications entre les deux. Le multicloud désigne l’utilisation simultanée de plusieurs fournisseurs de cloud public – par exemple AWS pour les workloads analytiques, Azure pour les applications Microsoft 365, et Google Cloud pour les projets IA. Ces deux approches sont souvent combinées : une organisation peut avoir un SI on-premise relié à plusieurs clouds publics, ce qu’on appelle une architecture hybride multicloud.

Le marché cloud se structure autour de cinq grandes catégories d’acteurs complémentaires :

Hyperscalers publics américains : AWS, Microsoft Azure, Google Cloud – offrent le catalogue de services le plus large, les meilleures performances mondiales et l’écosystème de partenaires le plus riche, mais soulèvent des questions de souveraineté liées au Cloud Act

Acteurs cloud souverains européens : OVHcloud, Scaleway, Outscale (Dassault) – hébergement en Europe avec souveraineté juridique garantie, qualifications ANSSI (SecNumCloud) pour les plus sensibles

Offres cloud souveraines des hyperscalers : Azure Cloud de Confiance (Orange/Capgemini), AWS Secret/GovCloud – services des hyperscalers opérés dans un cadre de souveraineté élargi

Plateformes de virtualisation et cloud privé : VMware (Broadcom), Nutanix, OpenStack – permettent de construire et gérer un cloud privé sur l’infrastructure de l’organisation

Plateformes d’orchestration et d’abstraction multicloud : Red Hat OpenShift, HashiCorp Terraform/Vault, Anthos (Google) – permettent de gérer plusieurs clouds depuis une couche unifiée

Selon une étude Flexera State of the Cloud (2025), le coût du cloud est la principale préoccupation des responsables IT pour la 5e année consécutive, cité par 83 % des répondants. La maturité des organisations en matière de gouvernance cloud progresse cependant : le FinOps (optimisation des dépenses cloud) est adopté par 72 % des grandes entreprises françaises en 2025 (CIGREF, 2025), contre 41 % en 2022.

Tendances et évolutions du marché en 2026

Tendance 1 – La souveraineté des données restructure les stratégies cloud françaises

La question de la souveraineté numérique n’a jamais été aussi centrale dans les débats des DSI français. L’arrêt Schrems II de la CJUE (juillet 2020), qui a invalidé le Privacy Shield et remis en cause les transferts de données UE-États-Unis, le Cloud Act américain (2018), qui permet aux autorités américaines de demander l’accès à des données hébergées par des entreprises américaines, et les obligations renforcées de NIS2 pour les OIV ont créé un environnement réglementaire qui pousse de nombreuses organisations à reconsidérer leur dépendance aux hyperscalers américains pour les données les plus sensibles.

La réponse des hyperscalers américains à cette pression a été de développer des offres cloud dites « souveraines » : Microsoft a lancé le Cloud de Confiance en partenariat avec Orange Business et Capgemini, Google a déployé son offre Trusted Cloud et AWS a renforcé ses engagements de localisation des données en Europe. Mais ces offres font l’objet d’un débat : sont-elles véritablement souveraines si l’éditeur logiciel reste américain et soumis au Cloud Act ? L’ANSSI maintient que seule la qualification SecNumCloud garantit un niveau de souveraineté suffisant pour les données les plus sensibles – une qualification qu’OVHcloud et Outscale (Dassault Systèmes) détiennent aujourd’hui, mais pas encore les hyperscalers américains.

Les niveaux de souveraineté cloud et leur adéquation selon le profil de l’organisation :

Niveau 1 – Données publiques ou non sensibles : tout cloud public (AWS, Azure, GCP) avec hébergement en région européenne – aucune contrainte particulière, optimisation coût/performance

Niveau 2 – Données sensibles RGPD (hors secteurs réglementés) : cloud public avec DPA (Data Processing Agreement) conforme, clés de chiffrement gérées par le client (BYOK), localisation EU

Niveau 3 – Données réglementées (banque, santé, assurance) : cloud souverain européen (OVHcloud, Scaleway) ou offre opérée (Azure Cloud de Confiance) avec certifications HDS/ISO 27001

Niveau 4 – Données classifiées, OIV, secteur public sensible : SecNumCloud qualifié ANSSI obligatoire – OVHcloud SecNumCloud, Outscale (Dassault) – aucune dépendance à une entité non européenne

Tendance 2 – Le multicloud devient la norme, la gouvernance le problème

Le multicloud – l’utilisation simultanée de plusieurs fournisseurs de cloud public – est passé du statut de stratégie volontaire à celui de réalité opérationnelle subie pour la plupart des grandes organisations. Les fusions-acquisitions accumulent des SI hétérogènes, les équipes métiers adoptent des solutions SaaS sur différents clouds, et les départements techniques font des choix technologiques qui privilégient le meilleur service plutôt que la consolidation sur un fournisseur unique. Résultat : selon Flexera (2025), les organisations utilisent en moyenne 5,4 clouds publics différents, dont 2,7 IaaS/PaaS et 2,7 SaaS.

La gouvernance de cet environnement distribué – visibilité sur les coûts, gestion des identités, sécurité uniforme, conformité réglementaire – est devenu le principal défi opérationnel. Les solutions d’orchestration multicloud comme Red Hat OpenShift, HashiCorp Terraform et Google Anthos permettent de déployer et gérer des workloads conteneurisés sur n’importe quel cloud depuis une couche d’abstraction unifiée. Les plateformes FinOps (abordées dans le benchmark dédié) complètent ce dispositif en assurant la visibilité et l’optimisation des coûts. Gartner prédit que 95 % des nouvelles charges de travail digitales seront déployées sur des plateformes cloud-native d’ici 2028, contre 30 % en 2021.

Les enjeux de gouvernance multicloud à adresser en priorité :

Visibilité et contrôle des coûts : tag des ressources, allocation par projet et équipe, alertes budgétaires – sans outil dédié, les dépenses cloud deviennent ingouvernables à grande échelle

Gestion unifiée des identités et des accès : politiques IAM cohérentes sur tous les clouds, intégration avec l’annuaire d’entreprise, principe du moindre privilège appliqué partout

Posture de sécurité unifiée (CSPM) : détection des mauvaises configurations sur tous les clouds depuis une console unique – une configuration erronée sur AWS n’est pas détectée par les outils Azure

Conformité et auditabilité : production des preuves de conformité NIS2/DORA sur un patrimoine cloud hétérogène – nécessite un catalogue unifié des actifs cloud

Tendance 3 – L’IA générative accélère les migrations cloud et l’adoption GPU

L’émergence de l’IA générative a introduit une nouvelle dimension dans les stratégies cloud : l’accès aux GPU et à l’infrastructure d’inférence IA. Les organisations qui industrialisent leurs cas d’usage IA ont besoin d’une infrastructure capable d’exécuter des modèles LLM de plusieurs milliards de paramètres, parfois en temps réel pour des applications conversationnelles. Cette demande a provoque une tension mondiale sur les GPU NVIDIA A100 et H100, avec des délais de livraison qui ont atteint 12 mois en 2024, poussant les organisations à privilégier l’accès cloud aux GPU plutôt que l’acquisition de matériel propre.

Les trois grands hyperscalers ont toutes répondu à cette demande avec des offres GPU cloud dédiées : AWS p3, p4, p5 (NVIDIA A100, H100), Azure NDv5 (H100 NVLink), Google A3 (H100). En parallèle, des acteurs spécialisés comme CoreWeave, Lambda Labs et les cloud européens OVHcloud et Scaleway proposent des GPU cloud à des tarifs plus compétitifs pour les workloads IA. L’IA accélère également les migrations cloud : les hyperscalers utilisent leurs capacités IA (GitHub Copilot, Azure Migrate, AWS Application Migration Service) pour automatiser l’analyse des applications candidates à la migration et générer les configurations d’infrastructure cible.

Les services cloud GPU et IA disponibles sur le marché français en 2026 :

AWS (p4d, p5) : instances NVIDIA A100 et H100, EC2 UltraClusters pour l’entraînement distribué à grande échelle – accès depuis la région Paris

Azure (NDv5 H100) : instances H100 NVLink avec interconnexion InfiniBand, Azure AI Infrastructure pour les clusters d’entraînement LLM – intégration Azure AI Foundry

Google Cloud (A3) : instances H100 avec Google TPU v5 pour l’entraînement des modèles Gemini – accès depuis la région Paris (europe-west9)

OVHcloud (GPU server) : GPU NVIDIA H100 et A100 hébergés en France – seule option souveraine pour l’entraînement IA en environment SecNumCloud

Scaleway (GPU L4 / H100) : GPU cloud économiques pour l’inférence et les workloads IA moyens – tarifs parmi les plus compétitifs d’Europe, hébergé en France

Tendance 4 – L’edge computing et le cloud distribué étendent la frontière du SI

L’edge computing – le traitement des données au plus près de leur source, sans transiter systématiquement vers un datacenter central – s’impose progressivement comme le complément naturel du cloud centralisé. Cette évolution est portée par des besoins de latence ultra-faible (industrie 4.0, véhicules connectés, retail), de traitement local de données sensibles (santé, défense) et de continuité en cas de déconnexion réseau (applications industrielles). Les hyperscalers ont tous développé des offres edge : AWS Outposts, Wavelength, Local Zones ; Azure Stack Edge, Arc ; Google Distributed Cloud Edge ; et Scaleway Edge Services. Selon IDC (2025), 45 % des données générées par les entreprises seront traitées à l’edge d’ici 2028, contre 10 % en 2020.

Les cas d’usage qui justifient une architecture edge en 2026 :

Industrie 4.0 et IIoT : analyse des données de capteurs en temps réel sur la ligne de production – latence < 1ms incompatible avec un aller-retour cloud

Véhicules connectés et mobilité : traitement local des données embarquées, assistance à la conduite, mise à jour OTA des systèmes embarqués

Commerce physique (retail edge) : analyse des comportements en magasin, gestion des stocks temps réel, paiement sans connexion cloud permanente

Santé et télémédecine : traitement local des données patient pour éviter les transferts réseau de données HDS, analyse d’imagerie médicale sur site

Télécommunications et 5G MEC (Multi-Access Edge Computing) : applications ultra-faible latence sur les réseaux 5G des opérateurs, virtualisation des fonctions réseau

Comment choisir une stratégie et une plateforme cloud

Critère 1 – L’alignement sur les exigences de souveraineté et de conformité

Le premier critère de sélection est la détermination précise des exigences de souveraineté applicables à l’organisation et à chaque catégorie de données traitée. Toutes les données d’une organisation ne nécessitent pas le même niveau de protection. Un système de génération de mails marketing peut être hébergé sur n’importe quel cloud public ; les données de santé imposent la certification HDS ; les systèmes de contrôle des OIV peuvent exiger SecNumCloud. La classification des données est donc le préalable indispensable à toute décision de placement sur telle ou telle plateforme cloud.

Le processus de qualification des exigences de souveraineté :

Identifier les référentiels applicables : NIS2 (OIV/OSE), HDS (santé), PCI-DSS (paiements), RGS (secteur public), DORA (finance) – chaque référentiel impose des exigences spécifiques sur l’hébergement

Classifier les données par sensibilité : données publiques, internes, confidentielles, secret (hors secteur public) – chaque niveau correspond à des contraintes d’hébergement différentes

Cartographier les risques Cloud Act : identifier les applications dont les données ne peuvent pas transiter vers des entités soumises au droit américain – impose un hébergeur européen indépendant

Vérifier les certifications du fournisseur : ISO 27001 (minimum), HDS (santé), SecNumCloud (OIV/administration), EUCS (futur standard européen en cours de finalisation)

Anticiper l’évolution réglementaire : l’EUCS (European Union Cybersecurity Certification Scheme for Cloud) devrait créer un cadre harmonisé européen d’ici 2027 – les choix actuels doivent anticiper cette évolution

Critère 2 – L’écosystème de services et l’adéquation aux besoins applicatifs

Le choix d’un fournisseur cloud ne se réduit pas au simple hébergement : c’est un engagement sur un écosystème de services managés qui conditionne la rapidité de développement et la productivité des équipes IT. AWS propose plus de 240 services managés, Azure en propose plus de 200 et Google Cloud plus de 150. Ces services couvrent des domaines aussi variés que les bases de données managées, les queues de messages, les pipelines ML, les services de messagerie, les CDN et les services d’identité. La richesse et la maturité de l’écosystème de services – et sa compatibilité avec les applications et les compétences existantes – sont des critères déterminants.

Les dimensions de l’écosystème cloud à évaluer :

Catalogue de services managés : richesse et maturité des services bases de données, messagerie, serverless, conteneurs, IA/ML – un service manageaé évite des semaines de configuration et de maintenance

Compatibilité avec les applications existantes : support des langages, frameworks et outils utilisés par les équipes – AWS et Azure couvrent les stacks les plus hétérogènes

Marketplace de solutions tierces : accès aux solutions partenaires (sécurité, monitoring, conformité) directement facteurées sur la facture cloud – AWS Marketplace (15 000+ produits) est la référence

Réseau de partenaires certifiés en France : intégrateurs, ESN et MSP (Managed Service Providers) capables d’accompagner les déploiements et la maintenance opérationnelle

Critère 3 – La résilience, la disponibilité et la continuité d’activité

La résilience de l’infrastructure cloud est un critère critique pour les applications métier critiques. Les hyperscalers proposent des architectures multi-zones de disponibilité (AZ) et multi-régions qui permettent d’atteindre des SLA de 99,99 % de disponibilité (soit moins de 1 heure d’interruption par an) sur les services les plus critiques. Mais cette résilience ne se configure pas automatiquement : elle nécessite une conception spécifique de l’architecture (multi-AZ, load balancing, auto-scaling, sauvegarde cross-région) et génère des coûts de redondance significatifs. Dans le contexte DORA pour les établissements financiers, les tests de résilience (TLPT) doivent inclure les scénarios de défaillance du fournisseur cloud.

Les pratiques d’architecture cloud pour la résilience maximale :

Multi-AZ (Availability Zones) : déploiement actif-actif sur au moins 2 zones de disponibilité dans la même région – protection contre les pannes d’un datacenter, RPO quasi nul

Multi-régions (Active-Passive ou Active-Active) : réplication des données et du plan de bascule sur une deuxième région – protection contre une panne régionale entière

Cloud de sauvegarde hétérogène : certaines organisations utilisent un deuxième cloud pour la disaster recovery – protection contre la défaillance complète d’un fournisseur

Tests de résilience Chaos Engineering : injection de pannes contrôlées en production pour valider le comportement de l’architecture – exigence DORA pour les institutions financières systémiques

Critère 4 – Le modèle de coût et la maîtrise du lock-in

Le coût du cloud est structurellement plus difficile à prédire et à maîtriser que celui des infrastructures on-premise. La facturation à la consommation crée une variabilité que les outils FinOps permettent de contrôler, mais les coûts de sortie des données (data egress fees) représentent une mécanique de lock-in qui se révèle souvent au moment d’une migration ou d’un changement de fournisseur. AWS et Azure facturent généralement 0,08 à 0,09 dollar par Go de données sortant vers Internet ou vers un autre cloud – pour une organisation hébergeant 100 To de données, cela représente 8 000 à 9 000 dollars de coût de sortie, sans compter les éventuelles pénalités de contrat. La Commission européenne a imposé via le Data Act (applicable depuis 2025) la suppression ou la forte réduction de ces frais de sortie pour les fournisseurs cloud opérant en Europe.

Les leviers de maîtrise du coût et du lock-in cloud :

Réservations et plans d’épargne : AWS Reserved Instances, Azure Reserved VM Instances, GCP Committed Use Discounts – réductions de 30 à 60 % sur les instances en engagement 1 ou 3 ans

Architecture portables (conteneurs + IaC) : Kubernetes + Terraform permet de redéployer les applications sur un autre cloud en quelques jours – réduit le lock-in applicatif même si le lock-in données reste

Surveillance des Data Egress fees : identifier et limiter les transferts de données inter-régions et vers Internet – poste souvent sous-estimé qui peut représenter 15 à 20 % de la facture cloud

Négociation d’EDP (Enterprise Discount Program) : engagement sur un volume annuel de dépenses en échange de remises significatives (20 à 40 %) – standard pour les grands comptes au-dessus de 1 M€/an

Critère 5 – L’accompagnement, le support et la maturité de l’écosystème en France

Le choix d’un fournisseur cloud ne se fait pas qu’en fonction des services techniques : la qualité du support, la disponibilité d’un interlocuteur technique dédié et la densité du réseau de partenaires certifiés en France sont des critères déterminants pour la réussite des projets. Les grandes migrations cloud, les projets de modernisation applicative et les architectures hybrides complexes nécessitent un accompagnement expert qui va bien au-delà de la documentation en ligne. La présence de partenaires locaux – ESN, intégrateurs, MSP – capables d’intervenir rapidement et de maîtriser les spécificités réglementaires françaises est un facteur clé de succès.

Les éléments d’écosystème et de support à évaluer :

Niveaux de support Enterprise : accès 24/7 à des ingénieurs spécialisés, temps de réponse garanti < 15 minutes pour les incidents critiques, Technical Account Manager dédié

Réseau de partenaires certifiés en France : nombre et spécialisation des partenaires APN (AWS), CSP (Azure) ou CCAI (Google Cloud) capables d’intervenir localement

Programmes de migration assistée : AWS MAP (Migration Acceleration Program), Azure Migrate, Google Cloud Migration Assessment – financement partiel des projets de migration pour les grands comptes

Formation et certifications disponibles en français : disponibilité des formations et des certifications (AWS SAA, AZ-900, GCP ACE) en français et depuis des centres agréés en France

Les principaux acteurs du marché

Le marché cloud français en 2026 se structure autour de trois grandes familles : les hyperscalers américains (AWS, Azure, Google Cloud) qui concentrent plus de 65 % des dépenses cloud en France, les acteurs cloud souverains européens (OVHcloud, Scaleway) qui adressent les besoins de souveraineté, et les plateformes d’infrastructure hybride et d’orchestration (VMware, Red Hat OpenShift, HashiCorp) qui permettent de gérer les environnements distribués. Les huit acteurs analysés sont tous actifs sur le marché français.

Les acteurs analysés dans ce benchmark :

AWS (Amazon Web Services) – Hyperscaler #1 mondial, 240+ services, région Paris

Microsoft Azure – Hyperscaler #2, cloud enterprise Microsoft, Cloud de Confiance souverain

Google Cloud Platform – Hyperscaler #3, leader data et IA, réseau mondial

OVHcloud – Cloud européen souverain, SecNumCloud qualifié ANSSI, hébergement France

Scaleway – Cloud européen frugal et green IT, GPU IA, souveraineté française

VMware (Broadcom) – Virtualisation enterprise et cloud privé, VCF hybride

Red Hat OpenShift – Plateforme Kubernetes enterprise, cloud hybride conteneurisé

HashiCorp (IBM) – Infrastructure as Code Terraform et secrets management Vault

AWS (Amazon Web Services)

Hyperscaler n°1 mondial, catalogue de 240+ services managés – région Paris, DevOps de référence, écosystème de partenaires le plus riche du marché

Amazon Web Services est le leader mondial du cloud public avec une part de marché estimée à 31 % au niveau mondial en 2025 (Synergy Research Group). Lancé en 2006 avec le service de stockage S3 et les instances EC2, AWS a bâti au fil des années le catalogue de services cloud le plus complet du marché avec plus de 240 services managés couvrant le calcul, le stockage, les bases de données, le réseau, la sécurité, l’IA, l’IoT et les outils DevOps. En 2025, AWS a généré un chiffre d’affaires de 107 milliards de dollars avec une marge opérationnelle de près de 40 %, témoignant d’une position dominante et rentable.

La région AWS Paris (eu-west-3), ouverte en 2017, dispose de trois zones de disponibilité permettant des architectures hautement disponibles avec une localisation garantie des données en France. AWS a également développé des offres pour les besoins de souveraineté renforcée : AWS GovCloud pour les gouvernements et administrations, et des engagements contractuels spécifiques pour les organisations soumises au RGPD. Sa plateforme AWS Outposts permet d’exécuter les services AWS sur l’infrastructure physique de l’organisation pour les workloads qui ne peuvent pas migrer vers le cloud public. En 2025, AWS a généré des accélérations importantes sur ses services IA avec Amazon Bedrock, Amazon SageMaker et Amazon Q.

Fonctionnalités principales :

EC2, Lambda et calcul cloud-native : instances EC2 de toutes tailles (plus de 600 types), Lambda serverless, ECS/EKS pour les conteneurs et Fargate sans gestion des serveurs

S3 et stockage objet de référence : Amazon S3 est le standard mondial du stockage objet cloud avec 11 neufs de durabilité, classes de stockage intelligentes et intégration native avec tous les services AWS

RDS, Aurora, DynamoDB (bases de données managées) : MySQL, PostgreSQL, Oracle managés (RDS), Aurora serverless 10x plus rapide, DynamoDB NoSQL ultra-scalable

AWS Outposts (hybride on-premise) : infrastructure AWS physique installée dans le datacenter de l’organisation – mêmes services AWS, même console, données qui ne quittent pas les locaux

AWS IA/ML (Bedrock, SageMaker, Q) : accès multi-modèles LLM (Bedrock), plateforme MLOps (SageMaker), assistant IA pour développeurs (Q Developer) et entreprises (Q Business)

AWS Marketplace (15 000+ produits) : marketplace de solutions logicielles tierces (sécurité, monitoring, conformité) facturées directement sur la facture AWS – simplification des achats et de la facturation

AWS est le cloud public le plus utilisé en France, avec une présence dans des milliers d’organisations de toutes tailles. Parmi ses références françaises figurent Canal+, Air France-KLM, Accor et Michelin. Son écosystème de partenaires APN (AWS Partner Network) compte plusieurs centaines de partenaires certifiés en France, incluant Capgemini, Atos, Accenture, Sopra Steria et des MSP spécialistes comme Devoteam AWS et Ippon Technologies.

Microsoft Azure

Hyperscaler #2, cloud enterprise par excellence intégré à l’écosystème Microsoft – Cloud de Confiance souverain France, Azure Arc pour l’hybride, Copilot IA natif

Microsoft Azure est le deuxième hyperscaler mondial avec une part de marché de 22 % (Synergy Research, 2025) et la plateforme cloud qui croît le plus vite parmi les trois grands, portée par ses positions dominantes dans l’enterprise (Microsoft 365, Dynamics 365, Teams) et son partenariat stratégique avec OpenAI. Azure dispose de la plus vaste présence géographique avec plus de 60 régions dans le monde, dont trois centres de données en France (France Central à Paris, France South à Marseille). Son écosystème de partenaires CSP (Cloud Solution Providers) est le plus dense du marché enterprise, avec des milliers de partenaires certifiés en France.

Le positionnement stratégique d’Azure est unique : être le cloud qui prolonge naturellement l’écosystème Microsoft déjà présent dans les organisations. Azure Active Directory (Entra ID) devient la fondation IAM de l’architecture cloud ; Azure DevOps et GitHub Actions assurent le CI/CD ; Azure Arc permet d’étendre les services Azure à n’importe quelle infrastructure – on-premise, autre cloud, edge. L’offre Cloud de Confiance, opérée par Orange Business et Capgemini, héberge les services Azure dans un environnement 100 % français avec des garanties d’immunisation contre le Cloud Act américain, répondant aux exigences du secteur public français et des OIV. En 2025, Microsoft a lancé Azure AI Foundry (ex-Azure AI Studio), renforçant sa position comme la plateforme cloud la plus complète pour l’industrialisation de l’IA.

Fonctionnalités principales :

Azure Virtual Machines, AKS et App Service : IaaS (VMs de toutes tailles), Kubernetes managé (AKS), PaaS pour les applications web – couverture complète des modèles de déploiement

Azure Arc (hybride et multicloud) : extension des services Azure à n’importe quelle infrastructure on-premise ou autre cloud – gestion unifiée, politiques de sécurité communes, inventaire centralisé

Microsoft Entra ID (IAM enterprise) : gestion des identités et des accès pour les environnements hybrides, SSO, MFA, accès conditionnel – standard de fait de l’IAM enterprise en France

Azure AI Foundry et OpenAI Service : accès aux modèles OpenAI GPT-4o, Phi-3, Mistral, Llama dans l’environnement Azure sécurisé – avec garanties de non-entraînement et données localisées en EU

Cloud de Confiance (souveraineté France) : services Azure opérés par Orange Business et Capgemini en France – immunisation Cloud Act, SecNumCloud en cours de qualification, HDS certifié

Microsoft Defender for Cloud (sécurité multicloud) : CSPM et protection des workloads sur Azure, AWS et GCP depuis une console unifiée – idéal pour les organisations multicloud

Azure est le cloud de référence des organisations françaises déjà fortement ancrées dans l’écosystème Microsoft. BNP Paribas, Renault, EDF et de très nombreuses ETI et grandes entreprises françaises ont fait d’Azure leur cloud principal ou leur cloud de référence. L’écosystème de partenaires certifiés en France est extrêmement dense : Capgemini, Atos, Accenture, Devoteam, CGI, Sopra Steria et des centaines d’intégrateurs spécialisés.

Google Cloud Platform (GCP)

Hyperscaler #3, leader de la data, de l’IA et du réseau mondial – BigQuery, Vertex AI Gemini, réseau privé mondial à latence minimale, région Paris

Google Cloud Platform est le troisième hyperscaler mondial avec une part de marché de 12 % (Synergy Research, 2025) et une croissance soutenue de 28 % en 2025, la plus élevée des trois grands. Fondé sur l’expérience de Google à gérer l’une des plus grandes infrastructures informatiques mondiales – Google Search, YouTube, Gmail, Google Maps – GCP offre un réseau privé mondial séparant le trafic des clients du trafic public, des performances de latence parmi les meilleures du marché et une intégration native avec les services Google Workspace. Sa région Paris (europe-west9) a été ouverte en 2021 et garantit la localisation des données en France.

Les points de différenciation de GCP par rapport à ses concurrents sont clairs. Premièrement, la suprématie sur la data et l’IA : BigQuery reste le data warehouse serverless le plus performant du marché sur les grands volumes, et Vertex AI avec les modèles Gemini offre des capacités multimodales sans équivalent. Deuxièmement, le réseau mondial : les câbles sous-marins et l’infrastructure réseau privée de Google garantissent des latences réduites à l’échelle mondiale, ce qui est décisif pour les applications globales. Troisièmement, la politique tarifaire compétitive : GCP propose systématiquement des tarifs inférieurs de 20 à 30 % à AWS et Azure sur les instances de calcul et le stockage, combinés à un modèle de réduction automatique (Sustained Use Discounts) sans engagement de réservation.

Fonctionnalités principales :

Compute Engine, GKE et Cloud Run : VMs haute performance, Kubernetes managé (GKE Autopilot), serverless conteneurs (Cloud Run) – Google est l’inventeur de Kubernetes

BigQuery (data warehouse serverless) : requêtes SQL sur des pétaoctets en quelques secondes sans administration, BigQuery ML, Gemini intgré pour les requêtes en langage naturel

Vertex AI et Gemini (IA/ML) : plateforme IA unifiée avec les modèles Gemini 2.0, Imagen, Veo, Agent Builder – intégration native Google Search Grounding

Google Cloud Network (réseau mondial) : réseau privé mondial séparé d’Internet, latences réduites pour les applications globales, Cloud CDN pour la distribution de contenu

Anthos (hybride et multicloud) : plateforme Kubernetes managée fonctionnant sur AWS, Azure, on-premise et GCP – gestion unifiée des workloads conteneurisés multi-environnements

Remises tarifaires automatiques : Sustained Use Discounts (remise automatique jusqu’à 30 % pour les instances utilisées en continu) et Committed Use Discounts (jusqu’à 57 % sur engagement)

En France, GCP est particulièrement adopté dans les secteurs retail, e-commerce, fintech et organisations à forte culture data. Carrefour, Société Générale et Renault Digital ont annoncé des partenariats stratégiques avec Google Cloud. Son réseau de partenaires certifiés CCAI en France inclut Capgemini, Accenture, Devoteam et des spécialistes Google Cloud comme Artefact et Ekimetrics.

OVHcloud

Champion cloud européen souverain – premier hébergeur cloud en Europe, qualification SecNumCloud ANSSI, hébergement 100 % France et Europe pour les données sensibles

OVHcloud est un groupe français fondé à Roubaix en 1999 par Octave Klaba, et devenu le premier fournisseur de cloud en Europe par capacité avec plus de 400 000 serveurs dans 33 datacenters répartis en France, Europe, Amérique du Nord et Asie. Coté en Bourse à Paris depuis octobre 2021, OVHcloud est valorisé à environ 2,5 milliards d’euros en 2025. Sa proposition de valeur est fondée sur trois piliers : la souveraineté européenne (infrastructure propriétaire en Europe, hors du périmètre du Cloud Act américain), la qualification SecNumCloud de l’ANSSI pour ses offres dédiées aux OIV et au secteur public, et la compétitivité tarifaire (économies d’échelle sur la fabrication propre de serveurs, refroidissement à eau unique en Europe).

OVHcloud propose une gamme complète d’offres cloud : serveurs dédiés bare metal (cœur historique, plus de 400 configurations), cloud privé vSphere/Nutanix, cloud public (Compute, Object Storage, Databases managées, Kubernetes), et des offres souveraines spéciales qualifiées SecNumCloud pour les données les plus sensibles. En 2025, OVHcloud a accéléré son offre AI & Machine Learning avec des GPU cloud NVIDIA H100 et A100 hébergés en France – la seule option souveraine pour l’entraînement de modèles IA sans soumettre les données à un prestataire américain. Sa coopération avec Mistral AI pour proposer les modèles français en hébergement dédié renforce ce positionnement.

Fonctionnalités principales :

Serveurs dédiés bare metal (leader européen) : plus de 400 configurations de serveurs physiques, livraison en quelques minutes, aucun hyperviseur – performances maximales pour les applications critiques

Cloud Public OVHcloud : instances de calcul (Compute), stockage objet (Object Storage), bases de données managées (PostgreSQL, MySQL, Redis), Kubernetes managé (OVHcloud Managed Kubernetes)

Offres souveraines SecNumCloud qualifiées ANSSI : cloud privé et stockage objet qualifiés pour les OIV, les administrations et les données soumises au RGS – seule qualification ANSSI disponible

GPU cloud IA (H100, A100) hébergés en France : accès aux GPU NVIDIA les plus récents pour l’entraînement et l’inférence IA – seule option souveraine avec hébergement garanti France

Partenariat Mistral AI : hébergement dédié des modèles Mistral en France – infrastructure IA souveraine complète sans dépendance américaine

Tarification compétitive (fabrication propre) : OVHcloud fabrique ses propres serveurs et contrôle son refroidissement – tarifs 40 à 60 % inférieurs aux hyperscalers américains sur les serveurs dédiés

OVHcloud est le cloud de référence pour les administrations publiques françaises, les OIV, les acteurs de la santé et les entreprises soumises à des exigences strictes de souveraineté. Parmi ses clients français figurent la SNCF, des ministères français, des acteurs de santé (HDS) et de nombreuses ETI technologiques. OVHcloud dispose d’équipes commerciales et techniques présentes sur l’ensemble du territoire français et d’un réseau de partenaires revendeurs et intégrateurs.

Scaleway

Cloud européen frugal et green IT – GPU IA accessibles hébergés en France, energie 100 % renouvelable, API-first, tarification la plus competitive d’Europe

Scaleway est une entreprise française fondée en 1999, filiale du groupe Iliad (Groupe Free), et devenue l’un des clouds les plus reconnus en Europe pour sa philosophie frugale, souveraine et écologique. Avec des datacenters à Paris, Amsterdam et Varsovie, Scaleway propose une gamme complète d’offres cloud public : instances de calcul, stockage objet S3-compatible, bases de données managées, Kubernetes managé (Kapsule), Functions serverless, Object Storage, et – élément différenciant en 2025 – une gamme élargie de GPU cloud accessibles pour les workloads IA (L4, H100, L40S) à des tarifs parmi les plus compétitifs d’Europe.

Scaleway se distingue par trois caractéristiques qui répondent à des tendances de fond du marché. Sa philosophie API-first – toutes les ressources sont pilotées via des APIs standardisées, compatibles Terraform et idéales pour les équipes DevOps – en fait le cloud de prédilection des développeurs et des équipes techniques. Son engagement green IT est le plus avancé du marché européen : 100 % énergie renouvelable pour ses datacenters, refroidissement adiabatique sans eau froide, et mesure de l’empreinte carbone par workload. Sa taille humaine lui permet de proposer un support de qualité et une réactivité que les grands hyperscalers n’atteignent pas toujours pour les PME et ETI.

Fonctionnalités principales :

Instances de calcul (DEV1, GP1, PLAY2) : instances de calcul généralistes, optimisées CPU ou mémoire – tarifs parmi les plus bas d’Europe, facturation à la seconde, déploiement en minutes

GPU Cloud (L4, H100, L40S) : GPU NVIDIA pour l’inférence et l’entraînement IA – L4 accessible pour les PME, H100 pour les workloads intensifs – hébergés en France

Object Storage S3-compatible : stockage objet compatible avec l’API AWS S3 – migration facile depuis AWS, tarifs inférieurs de 60 % aux hyperscalers américains, sans frais de sortie des données

Kubernetes Kapsule (managé) : Kubernetes managé en quelques clics, intégration native avec les autres services Scaleway, mise à jour automatique des nodes

Green IT (100 % renouvelable) : énergie 100 % renouvelable, refroidissement adiabatique, métriques d’empreinte carbone par workload disponibles – différenciateur pour les organisations engagées CSRD

API-first et compatibilité Terraform : toutes les ressources pilotées via API, provider Terraform officiel, CLI puissant – idéal pour les équipes DevOps et les pipelines d’infrastructure as code

Scaleway est adopté en France par les startups, ETI tech, équipes de développement et organisations engagées Green IT. Sa position au sein du groupe Iliad lui confère une stabilité financière solide et un ancrage français garanti. Des organisations comme Doctolib, Deezer et de nombreuses startups French Tech utilisent Scaleway comme cloud principal ou complémentaire. La certification HDS disponible sur les offres Scaleway répond aux exigences du secteur santé français.

VMware (Broadcom)

Leader de la virtualisation enterprise et du cloud privé – vSphere, NSX, vSAN, VCF full-stack hybride – fondation des infrastructures de la plupart des grandes organisations françaises

VMware est la société américaine qui a inventé la virtualisation des serveurs x86 en 1999 et bâti en 25 ans la fondation technique des datacenters de la grande majorité des grandes organisations mondiales. Acquise par Broadcom en novembre 2023 pour 61 milliards de dollars, VMware opère désormais comme une division de Broadcom, ce qui a entraîné d’importants changements dans les licences (passage à un modèle d’abonnement avec un impact financier significatif pour de nombreux clients) et dans l’écosystème de partenaires. Malgré ces turbulences, VMware reste la plateforme de virtualisation la plus déployée dans le monde, avec plus de 300 000 clients et une présence dans la quasi-totalité des grandes entreprises françaises.

La stratégie VMware en 2026 s’articule autour du VMware Cloud Foundation (VCF) – un stack full-stack intégrant la virtualisation (vSphere), le réseau (NSX), le stockage (vSAN) et la gestion (vCenter/Aria) dans une offre unifiée. VCF peut s’exécuter sur l’infrastructure physique de l’organisation, sur les serveurs dédiés OVHcloud (VMware Sovereign Cloud France), et sur les trois grands hyperscalers (VMware Cloud on AWS, Azure VMware Solution, Google VMware Engine) – permettant des migrations vers le cloud sans refactoring des applications VMware existantes. Cette portabilité est le principal atout de VMware dans les stratégies de cloud hybride.

Fonctionnalités principales :

vSphere (virtualisation des serveurs) : hyperviseur de référence pour la virtualisation des serveurs x86 – déployé dans plus de 300 000 organisations mondiales, fondation des datacenters enterprises

VMware Cloud Foundation (VCF) : stack full-stack hébergé sur infrastructure propre ou cloud – vSphere + NSX + vSAN + vCenter unifiés pour le cloud privé enterprise

NSX (réseau virtuel et micro-segmentation) : virtualisation du réseau et des services de sécurité, micro-segmentation pour limiter les mouvements latéraux en cas d’intrusion – composé sécurité critique

VMware sur les hyperscalers (AWS, Azure, GCP) : migration des VMs VMware vers le cloud public sans refactoring – chemin de migration privilégié pour les organisations fortement investées en VMware

Tanzu (conteneurs Kubernetes) : plateforme Kubernetes enterprise intégrée à l’environnement vSphere – transition progressive des VMs vers les conteneurs sans changer d’équipe d’exploitation

Aria (gestion et automatisation) : anciennement vRealize Suite – monitoring, automatisation, FinOps et gouvernance de l’ensemble de l’infrastructure VMware on-premise et cloud

VMware est présent dans pratiquement toutes les grandes organisations françaises : banques, assureurs, industriels, opérateurs télécom, administrations. Le passage à un modèle d’abonnement imposé par Broadcom a créé des tensions chez certains clients, poussant une partie d’entre eux à accélérer leurs migrations vers d’autres solutions (Nutanix, OpenStack, Kubernetes natif). Ses partenaires intégrateurs en France incluent Atos, Capgemini, SCC et les spécialistes d’infrastructure comme Computacenter.

Red Hat OpenShift

Plateforme Kubernetes enterprise la plus déployée au monde – cloud hybride conteneurisé, support enterprise Red Hat (IBM), standardisation des workloads sur tous les clouds

Red Hat, filiale d’IBM depuis 2019, est l’acteur de référence du middleware et des plateformes open source enterprise. Sa plateforme OpenShift est le Kubernetes entreprise le plus déployé au monde – elle enrichit Kubernetes de nombreuses fonctionnalités enterprise : sécurité renforcée (RBAC, Pod Security, OPA Gatekeeper), opérateurs pour l’automatisation du cycle de vie des applications, pipelines CI/CD intégrés (Tekton, ArgoCD), monitoring (Prometheus, Grafana) et console web développée. OpenShift peut s’exécuter sur n’importe quelle infrastructure – on-premise bare metal, vSphere, OpenStack, AWS, Azure, GCP – et constitue la couche d’abstraction cloud-agnostique privilégiée des organisations souhaitant standardiser leurs déploiements sur un environnement multicloud hybride.

L’atout principal de Red Hat OpenShift est son modèle de support enterprise : contrairement à Kubernetes vanilla qui nécessite une expertise interne profonde, OpenShift est accompagné d’un support Red Hat (IBM) 24/7, d’une certification des versions sur des périodes longues (18 mois) et d’un réseau dense de partenaires certifiés. Red Hat propose également OpenShift AI – une plateforme MLOps intégrée à OpenShift pour déployer et gérer des workloads IA et ML dans l’environnement hybride. L’acquisition de Ansible permet également à Red Hat de proposer l’automatisation de l’infrastructure comme composante intégrée de sa plateforme.

Fonctionnalités principales :

OpenShift Container Platform (Kubernetes enterprise) : Kubernetes certifié enterprise avec sécurité renforcée, opérateurs, pipelines CI/CD intégrés (Tekton), registry d’images, monitoring Prometheus/Grafana

Déploiement hybride multicloud universel : exécution identique sur on-premise (bare metal, vSphere), AWS, Azure, GCP et clouds souverains – portabilité maximale des workloads conteneurisés

OpenShift AI (MLOps) : plateforme MLOps intégrée pour déployer et gérer des pipelines IA/ML sur l’infrastructure hybride – s’intègre avec Jupyter, MLflow, KServe

Red Hat Ansible (automatisation infrastructure) : automatisation de la configuration et du déploiement de l’infrastructure – plus de 750 modules, intégration native OpenShift

Support enterprise Red Hat (IBM) 24/7 : support téléphonique 24/7, accès à la Red Hat Knowledgebase, certifications des versions maintenues 18 mois – garantie de stabilité pour les productions critiques

FIPS 140-2 et certifications sécurité : OpenShift supporte le mode FIPS 140-2 – certification américaine de sécurité cryptographique requise dans certains secteurs (défense, finance aux États-Unis)

Red Hat OpenShift est adopté par les grandes entreprises et organisations avec des exigences DevOps avancées et des environnements multicloud. En France, Orange, Société Générale, Airbus et le ministère des Armées figurent parmi ses clients. Red Hat dispose d’équipes présentes en France (bureau Paris) et s’appuie sur des partenaires incluant IBM Services, Capgemini, Atos et CGI.

HashiCorp (IBM)

Infrastructure as Code et gestion des secrets multi-cloud de référence – Terraform standard mondial de l’IaC, Vault leader de la gestion des secrets, acquis par IBM en 2024

HashiCorp est une société américaine fondée en 2012 et acquise par IBM en 2024 pour 6,4 milliards de dollars. Elle a créé et maintient deux des outils les plus utilisés dans les écosystèmes DevOps et cloud mondiaux. Terraform, son outil d’Infrastructure as Code (IaC) open source, est devenu le standard mondial de la gestion d’infrastructure cloud – avec plus de 3 500 providers (AWS, Azure, GCP, VMware, OVHcloud…), il permet de décrire et de provisionner n’importe quelle infrastructure en code déclaratif HCL (HashiCorp Configuration Language), versionné dans Git et partagé entre équipes. Vault, son gestionnaire de secrets, est la référence du marché pour la gestion des clés API, des mots de passe de base de données, des certificats TLS et des tokens d’authentification dans les architectures cloud et microservices.

L’acquisition par IBM a conduit HashiCorp à modifier en 2023 la licence de Terraform et Vault, passant de l’open source MPL 2.0 à la licence BSL (Business Source License) – une décision qui a généré un fork communautaire nommé OpenTofu, maintenu par la Linux Foundation. Pour les organisations utilisant Terraform dans des projets commerciaux, le passage à la licence BSL peut avoir des implications contractuelles. Les offres cloud Terraform Cloud (rebrandé HCP Terraform) et Vault Enterprise restent disponibles avec un modèle SaaS managé et un support enterprise.

Fonctionnalités principales :

Terraform (IaC multi-cloud) : infrastructure as code déclaratif pour 3 500+ providers cloud et on-premise – standard mondial de la gestion d’infrastructure, 100 millions+ de téléchargements

HCP Terraform (cloud managé) : plateforme SaaS pour Terraform en équipe – remote state, RBAC, politique OPA, exécution des plans dans des environnements sécurisés, audit logs

Vault (gestion des secrets) : coffre-fort de secrets multi-cloud pour les clés API, mots de passe, certificats TLS et tokens – secrets dynamiques avec rotation automatique, audit complet des accès

Packer (images machines) : création d’images machines (AMI, Azure Image, GCP Image) automatisées – pipeline golden image standardisé pour tous les clouds

Consul (service mesh et DNS cloud) : découverte de services, service mesh pour les microservices, gestion de la configuration distribuée – complément naturel de Terraform et Vault dans les architectures cloud-native

OpenTofu (fork open source) : alternative 100 % open source à Terraform maintenue par la Linux Foundation – compatible avec l’écosystème Terraform, choix des organisations refusant la licence BSL

HashiCorp Terraform est adopté par l’ensemble des organisations françaises qui ont automatisé leur provisionnement d’infrastructure cloud. Il est utilisé par des équipes DevOps dans toutes les grandes entreprises et ETI tech, indépendamment de la plateforme cloud choisie. Vault est particulièrement présent dans les secteurs finance, télécom et industrie pour la gestion des secrets dans les architectures microservices et les pipelines CI/CD. Les partenaires HashiCorp en France incluent Red Hat, Capgemini et des consultants spécialistes DevOps.

Tableau comparatif des solutions

Synthèse comparative des principales plateformes cloud actives sur le marché français en 2026.

Solution Positionnement Idéal pour Modèle cloud Souveraineté / Certif. Différenciateur clé

AWS (Amazon) Hyperscaler #1 mondial, écosystème le plus large Toutes tailles, cloud-first, DevOps avancé Public cloud, hybride (Outposts), multi-cloud ISO 27001, SOC 2, HDS, région Paris (UE) Plus grand catalogue services (240+), écosystème le plus riche, référence DevOps

Microsoft Azure Hyperscaler #2, écosystème enterprise Microsoft Organisations Microsoft 365, entreprises, secteur public Public, hybride (Arc, Stack), souverain (Cloud de Confiance) ISO 27001, HDS, SecNumCloud (Cloud de Confiance) Cloud de Confiance France, intégration M365/Teams, Copilot IA

Google Cloud Platform Hyperscaler #3, leader data, IA et réseau mondial Organisations data-driven, IA/ML, e-commerce, fintech Public cloud, hybride (Anthos), multi-cloud ISO 27001, HDS, région Paris (UE) Réseau fibre mondial, Gemini IA natif, BigQuery, prix compétitifs

OVHcloud Cloud européen souverain #1, hébergement France et UE OIV, secteur public, secteurs réglementés France/UE Public, privé, hybride, bare metal, souverain SecNumCloud (ANSSI), HDS, ISO 27001 Seul hyperscaler européen qualifié SecNumCloud, souveraineté maximale

Scaleway Cloud européen frugal, souverain et orienté green IT ETI tech, startups, secteur public, green IT Public cloud, bare metal, Object Storage, Edge ISO 27001, HDS, hébergement France Cloud économique et bas carbone, 100 % renouvelable, API-first

VMware (Broadcom) Leader virtualisation et cloud hybride on-premise Grandes entreprises avec infra VMware existante Hybride on-premise / cloud (vSphere, VCF) ISO 27001, certifs sectorielles selon infra Migration sans refactoring, VCF full-stack, leader historique

Red Hat OpenShift Plateforme conteneurs enterprise Kubernetes managée Organisations DevOps, cloud hybride Kubernetes Hybride multi-cloud, on-premise, tous clouds ISO 27001, FIPS 140-2, certifications sectorielles Kubernetes enterprise le plus déployé, support Red Hat 24/7

HashiCorp (IBM) Infrastructure as Code et gestion des secrets multi-cloud DevOps avancé, multi-cloud, sécurité infrastructure Multi-cloud, hybride, tous providers ISO 27001, SOC 2, conformité gestion des secrets Terraform standard mondial IaC, Vault référence secrets management

Les autres Benchmarks de l’IT 2026

FAQ

Quelle est la différence entre cloud hybride et multicloud ?

Le cloud hybride désigne une architecture combinant au moins un cloud public et une infrastructure privée (on-premise ou cloud privé), connectés pour permettre le transfert de données et d’applications. Le multicloud désigne l’utilisation de plusieurs fournisseurs de cloud public simultanément (ex : AWS pour les workloads analytiques, Azure pour les applications Microsoft). Ces deux approches sont souvent combinées : une organisation peut gérer un SI on-premise relié à plusieurs clouds publics, formant une architecture hybride multicloud. Selon Flexera (2025), 91 % des grandes entreprises françaises utilisent au moins deux fournisseurs cloud.

Qu’est-ce que la qualification SecNumCloud et à qui s’impose-t-elle ?

SecNumCloud est la qualification délivrée par l’ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information) pour les services cloud respectant les plus hautes exigences de sécurité et de souveraineté françaises. Elle est obligatoire pour les OIV (Opérateurs d’Importance Vitale) pour leurs données les plus sensibles et fortement recommandée pour le secteur public. Elle garantit notamment qu’aucune entité non européenne n’a de contrôle sur le service, immunisant contre le Cloud Act américain. En 2026, OVHcloud et Outscale (Dassault Systèmes) sont les deux principaux détenteurs de cette qualification.

Comment éviter le lock-in avec un fournisseur cloud ?

Plusieurs pratiques permettent de réduire le lock-in. L’Infrastructure as Code avec Terraform permet de redéployer l’infrastructure sur un autre cloud en quelques jours. Les conteneurs Kubernetes garantissent la portabilité applicative. L’utilisation de standards ouverts (S3-compatible pour le stockage, PostgreSQL pour les bases de données, Kafka pour la messagerie) réduit les dépendances aux services propriétaires. La principale source de lock-in résiduelle est souvent les coûts de sortie des données (egress fees), encadrés depuis 2025 par le Data Act européen qui impose leur suppression ou réduction significative.

AWS, Azure ou Google Cloud : comment choisir pour une organisation française ?

Le choix dépend principalement de l’écosystème existant et des cas d’usage dominants. Azure s’impose naturellement pour les organisations fortement ancrées dans l’écosystème Microsoft 365, Active Directory et Power BI. AWS est le choix naturel pour les organisations à forte culture DevOps souhaitant accéder au catalogue de services le plus large et à l’écosystème de partenaires le plus riche. Google Cloud se distingue pour les projets data/IA intensifs (BigQuery, Vertex AI), les applications nécessitant un réseau mondial à basse latence, et les organisations sensibles aux tarifs. La plupart des grandes organisations françaises utilisent deux ou trois clouds en complémentarité.

Pourquoi choisir OVHcloud ou Scaleway plutôt qu’un hyperscaler américain ?

OVHcloud et Scaleway répondent à des besoins spécifiques que les hyperscalers américains ne couvrent pas. OVHcloud est le choix prioritaire pour les organisations soumises à des exigences strictes de souveraineté (SecNumCloud, OIV, secteur public), notamment pour les données classées ou sensibles qui ne peuvent pas être confiées à une entité soumise au Cloud Act américain. Scaleway attire les organisations à forte sensibilité écologique (100 % renouvelable, CSRD), les équipes DevOps API-first et les organisations cherchant des tarifs compétitifs sur les GPU IA. Les deux peuvent constituer le cloud principal d’une organisation ou un cloud complémentaire pour les workloads souverains dans une stratégie multicloud.

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